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L'histoire de cultivation du Bouddha Milarepa (8e partie)

Dimanche 4 novembre 2018 |   Écrit par le Comité de rédaction de Minghui

(Minghui.org) Tout au long de l'histoire, l'Himalaya a été une région où il y a eu de nombreux pratiquants spirituels. La population y mène une vie simple et modeste, et tout le monde chante et danse. Ils vénèrent aussi le Fa de Bouddha [Fofa]. Il y a presque un millénaire, il y a eu dans cette région un pratiquant nommé Milarepa. Alors que la multitude de bouddhas et de bodhisattvas avaient eu besoin de nombreuses vies et traversé de nombreuses calamités avant de cultiver jusqu'à l'obtention du fruit, Milarepa a atteint une vertu majestueuse équivalente en une seule vie et est devenu connu plus tard comme le fondateur de la Secte blanche du bouddhisme tibétain.

(Suite de la 7e partie)

Rechungpa a demandé : « Maître, comment avez-vous cultivé dans la pratique ascétique ? Où avez-vous pratiqué ? »

Milarepa a répondu : « Le lendemain matin, le fils de l'enseignant m'a préparé un sac de farine d'orge grillée et un paquet de bonne nourriture en guise d'offrande. Il m'a dit : "C'est pour votre pratique. S'il vous plaît, promettez de ne pas nous oublier." J'ai pris cette nourriture et je suis allée méditer dans une grotte dans la montagne derrière ma maison. Je mélangeais très peu de farine avec de l'eau pour manger. Après un certain temps, mon corps est devenu faible, mais ma pratique s'est améliorée de manière significative. J'ai cultivé de cette manière durant plusieurs mois et j'ai finalement consommé toute la nourriture. Mon corps était trop faible pour continuer. J'ai pensé : "Je dois demander du beurre de yak à une ferme et de la farine d'orge grillée. Je dois empêcher ce corps de mourir de faim pour pouvoir continuer à cultiver."

« Je suis descendu de la montagne et dans un pâturage proche, j'ai vu une tente en poil de yak. En me tenant devant la tente j’ai demandé : "Bienfaiteur, donneriez-vous du beurre à un yogi, s'il vous plaît ?" C’était en fait la tente de ma tante et elle a reconnu ma voix. En furie, elle a envoyé un chien méchant pour m'attaquer. En légitime défense je me suis dépêché de jeter des pierres sur le chien. Ma tante a retiré un poteau qui soutenait la tente en poil de yak et a couru vers moi, commençant à gronder : "Espèce de dilapidateur ! Ennemi des parents ! Démon du village ! Honte à toi ! Que fais-tu ici ? Je n'aurais jamais pensé qu'une famille puisse avoir un fils comme toi !" Elle a continué à m'injurier et a balancé le poteau pour m’en frapper. J'ai voulu m’enfuir, mais mon corps était affaibli par la malnutrition. J’ai buté sur une pierre et suis tombé dans un petit ruisseau. La tante a continué à hurler et a commencé à me frapper avec le poteau. J'ai continué à lutter et j'ai pu me relever. Avec une main sur une canne et en larmes, j'ai commencé à chanter pour elle.

« La fille qui était sortie avec la tante a entendu ma chanson et n'a pu retenir des larmes de compassion. Tante s'est également sentie embarrassée et est retournée dans sa tente. Elle a demandé à la fille de me donner une pochette en cuir de beurre et de fromage. J'ai quitté la tente de tante en boitant et j'ai continué à mendier, tente après tente. Je ne savais pas qui étaient ces gens, mais ils me connaissaient tous. En me voyant arriver, tous m’ont regardé attentivement et m'ont donné quantité de bonne nourriture. En pensant comment tante m'avait traité de la sorte, j'avais peur qu'oncle ne me fasse aussi passer un mauvais moment, alors j'ai pensé que je ferais mieux d'aller ailleurs demander de la nourriture. J'avais cette idée de demander plus de nourriture au prochain village.

« Qui aurait pu savoir que la vieille maison de l'oncle s'étant effondrée il s'était installé dans ce village bien des années auparavant. Je suis arrivé à sa porte sans le savoir. Oncle m'a vu et s'est levé d'un bond : "Bâtard ! Dépensier ! Je suis si vieux et il ne me reste que quelques os. Mais tu es celui que j'ai attendu toute ma vie !" Il a ensuite ramassé des pierres et les a lancées sur moi. Je suis parti précipitamment. Oncle s'est précipité chez lui et a saisi un arc et des flèches. Il est sorti en criant : "Dépensier sans scrupule ! N'as-tu pas suffisamment blessé ce village ?! Hé, voisins et parents, sortez vite ! Notre ennemi est ici ! En entendant Oncle crier, de nombreux jeunes sont venus l'aider à me jeter des pierres. Tous avaient subi des pertes dans le passé à cause de moi. En voyant cette mauvaise situation, j'ai eu peur qu'ils ne me battent à mort. Alors j'ai fait feint un geste de colère et j'ai crié : "Maîtres et divinités ! Ce pratiquant a rencontré des ennemis qui veulent prendre sa vie ! Gardiens divins, veuillez transformer ces pierres en flèches sombres ! Même si je meurs, les gardiens divins ne mourront pas."

« En entendant ces mots, tout le monde a pris peur et a retenu Oncle. Des personnes sympathiques envers moi sont venues aider à résoudre le désaccord. Ceux qui m'avaient jeté des pierres sont également venus demander pardon. Tous m'ont donné beaucoup de nourriture, sauf oncle, qui a refusé tout compromis ou de me donner la moindre aumône. J'ai pris la nourriture et suis lentement retourné à la grotte. Pensant que ma présence près de ce village leur causerait colère et inconfort, je me demandais si je ne devrais pas bientôt quitter cet endroit.

« Cette nuit-là, j'ai fait un rêve dans lequel un présage semblait m'informer de rester encore quelques jours avant de partir. J'ai donc décidé de le faire.

« Quelques jours plus tard, Dzese est arrivée avec de la très bonne nourriture et du vin. En me voyant, elle m'a juste pris dans ses bras et s'est mise à pleurer très fort. Tout en sanglotant, elle a décrit en détail comment Mère était morte et comment Sœur errait loin de chez elle. En entendant leurs expériences tragiques, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer de douleur aussi.

« Après un moment, je retenu mes larmes et demandé à Dzese : "Tu n'es toujours pas mariée ?"

"Les gens ont peur de tes gardiens divins et personne n'ose m'épouser. En fait, même si quelqu'un voulait m'épouser, je ne veux pas me marier ! Tu pratiques le dharma juste, et c'est tellement merveilleux."

« Dzese a cessé de parler pendant un moment, puis m'a demandé : "Sais-tu quoi faire pour ta maison et ton terrain ?"

« Je savais ce qui la préoccupait. Je me suis dit : "Quitter cette vie terrestre et abandonner ma famille pour suivre un dharma juste était totalement le résultat de la bienveillance de maître Marpa. Dzese doit avoir une compréhension positive du dharma bouddhiste. Ce serait mieux pour elle. Elle doit décider elle-même comment gérer ces problèmes matériels. Je devrais le lui expliquer clairement."

« Je lui ai dit : "Si tu rencontres ma sœur Peta, donne-lui s'il te plaît la maison et tout le terrain. Avant cela, tu peux profiter de ces biens de famille. S'il est confirmé que Peta est morte, alors je te donne la maison et le terrain."

"Tu ne les veux pas toi-même ?"

« J'ai répondu : "Je cultive une pratique ascétique et je vis comme un rat ou un oiseau, la terre ne m'est donc pas utile. Même si je devais posséder tous les biens de ce monde, je ne pourrais quand même pas les emporter avec moi à ma mort. Si j'abandonne tout en ce moment, je serai heureux à l'avenir et heureux maintenant. Ce que je fais est à l'opposé de ce que font les gens de ce monde. Alors, à partir de maintenant, ne me considère plus comme une personne ordinaire."

« Elle a dit : "Alors, désapprouves-tu toutes les autres personnes qui pratiquent le dharma ?"

"Si quelqu’un apprend le dharma dans le but de devenir célèbre, il enseignera les écritures et expliquera le dharma. Il est heureux quand sa secte gagne et joyeux quand les autres perdent. C'est-à-dire qu'il ne recherche que la renommée et le gain personnel. Ils portent simplement une robe jaune et ne font que prétendre étudier le dharma. Je suis contre les gens comme ça. D'un autre côté, si le mobile d'une personne est pur et sincère, quelle que soit sa secte, il se dirige vers la bouddhéité et je ne suis absolument pas contre lui. Par conséquent, je désapprouve ceux dont les intentions sont fondamentalement impures."

« Dzese a dit : "Je n'ai jamais rencontré ni entendu parler de quelqu'un d'aussi pauvre et d'aussi déguenillé que toi apprenant le dharma. Quelle branche du Mahayana suis-tu ?"

"C'est la plus sacrée parmi toutes les méthodes. C'est abandonner les huit préoccupations terrestres et atteindre la bouddhéité en une vie."

"Tes paroles et ta conduite sont différentes de celles de tous les autres maîtres. Il semble que l'un des deux doit se tromper. À supposer que les deux soient le dharma, j'aime quand même mieux le leur."

« J'ai répondu : "Je n'aime pas ces maîtres que vous autres gens du monde aimez tant. Le contenu de leur dharma est le même que le mien. Mais si l'on porte une robe jaune et que l'on est toujours mené par les huit préoccupations de ce monde, c’est essentiellement dénué de sens. Même si cette personne n'est pas émue par les Huit Vents Terrestres, le temps qu'il faut pour que cette personne atteigne la bouddhéité est aux antipodes. Peut-être ne comprends-tu pas ce point. En bref, si tu pouvais être déterminée, il serait préférable que tu t'efforces de pratiquer le dharma. Si tu ne le peux pas, tu devrais simplement prendre soin de la terre et de la maison."

« Dzese a dit : "Je ne veux pas de ta maison ni de ta terre. Tu peux simplement les donner à ta sœur. Je vais pratiquer le dharma, mais je ne peux pas pratiquer ton genre de méthode de cultivation." Sur ces mots elle est partie.

« Quelques jours plus tard, Tante a appris que je ne voulais plus de la maison ni de la terre. Elle était stupéfaite et a pensé : "Bien qu'il ait affirmé suivre les paroles de son maître et ne pas vouloir de la propriété, je dois aller voir si c'est vrai." Alors elle est venue me voir avec de la nourriture et du vin. Quand elle m'a vu, elle a dit : "Neveu, j'ai eu tort il y a quelques jours. Tu es un pratiquant du dharma, alors prends patience et pardonne-moi. Je veux cultiver ton champ pour toi et te payer un loyer chaque mois. Autrement, il serait dommage que ta terre reste stérile . Qu'en penses-tu ?"

« J'ai dit : "Très bien ! Je n'ai besoin que d'un khal (environ 25 à 30 livres) de farine de céréales par mois. Tu peux garder le reste." Tante est partie heureuse et satisfaite.

« Deux mois plus tard, Tante est revenue et m'a dit : "Tout le monde dit que si quelqu'un cultive ton champ, tes gardiens divins vont se mettre en colère et lancer un sort. S'il te plaît, ne lance pas de sort !"

« J'ai répondu : "Pourquoi devrais-je lancer un sort ? Tu as de la vertu, alors ne t’inquiète pas. Cultive simplement le champ et apporte-moi de la nourriture."

« Elle m'a dit : "Si c'est comme ça, alors je suis rassurée. Tu peux me le promettre ? »

« J'ai pensé : "Pourquoi veut-elle que je fasse cela ? Même si elle a de mauvaises intentions, cette situation défavorable pourrait devenir agréable." Alors j'ai promis et elle est partie avec joie.

« J'ai continué à pratiquer dans la grotte. Bien que je faisais de mon mieux, je ne pouvais toujours pas acquérir la vertu de chaleur intérieure. Alors que je pensais à ce que je devais faire, cette nuit-là, j'ai fait un rêve. Dans ce rêve, j'ai vu que je cultivais un champ qui était extrêmement dur. Il était difficile de creuser, peu importe les efforts que je déployais. Au moment où j'allais abandonner, maître Marpa est apparu dans le ciel et a dit : "Fils ! Travaille dur à labourer ! Tant que tu avances avec courage, peu importe la difficulté, tu réussiras." Sur ces mots, maître Marpa a labouré à l’avant et moi à l’arrière. Effectivement, le champ a ensuite été recouvert de semis vigoureux.

« Je me suis réveillé et j'étais très heureux. Mais en y réfléchissant davantage, j'ai réalisé qu'un rêve n'était qu'une manifestation de mes habitudes. Même une personne de ce monde peut ne pas le prendre au sérieux. Si je suis joyeux à cause d'un rêve, n'est-ce pas trop absurde ? Néanmoins, je savais que c'était une sorte de présage et que je gagnerais certainement de la vertu si je continuais mes efforts pour aller de l'avant.

« J’avais alors déjà l'intention de pratiquer dans la grotte Drakar Taso (grotte de la Dent du Cheval du Rocher Blanc). À ce moment-là, Tante est venue me rendre visite avec trois dous de farine d'orge grillée (environ dix litres), un manteau élimé, un morceau de tissu et une boule de beurre et de graisse. Elle m'a dit avec ressentiment : "Ces choses sont ce que tu as obtenu pour la vente de ta terre. Prends-les et va-t’en dans un endroit éloigné où je ne pourrai plus ni t’entendre, ni te voir, car les villageois disent tous : 'Topaga a tellement nui à notre village et maintenant tu l’as rappelé. Il va probablement tuer tout le monde dans le village. Si tu ne le chasses pas, nous vous tuerons tous les deux !' Alors je suis venue spécialement ici pour te dire ça. S'il te plaît, mieux vaut aller dans un endroit éloigné. Suppose que tu doives rester ici, ils ne me tueront peut-être pas, mais ils te tueront à coup sûr."

"Je savais que les villageois n'auraient rien dit de la sorte. Si je n'avais pas été un pratiquant du vrai dharma, je ne l'aurais pas laissé prendre la terre en lui faisant avant une promesse. Bien que j’avais promis de ne pas lancer de sort, cela ne signifiait pas nécessairement qu’elle pouvait s’emparer de ma terre par la tromperie. Je pensais comme ça et j’ai dit à Tante : "Je suis un pratiquant et il est essentiel pour un pratiquant de supporter l'humiliation. Si l’on ne peut tolérer l’adversité, comment cela pourrait-il s'appeler endurer l'humiliation ? Si je devais mourir ce soir, non seulement cette terre, mais tout dans ce monde me serait inutile. Endurer l'humiliation est essentiel pour un pratiquant du dharma et toi, Tante, tu es mon adversaire pour que je cultive mon endurance à l'humiliation. La raison pour laquelle j'ai pu rencontrer le dharma juste était aussi en raison de votre aide, à toi et à Oncle. Pour vous rembourser de votre aide, je fais le serment que tous deux atteindrez la bouddhéité dans le futur. Non seulement je ne veux pas la terre, mais je peux aussi vous donner la maison." J'ai alors chanté une chanson :

« Comptant sur la grâce du maître,

je réside dans la montagne libre et sans entrave;

« Les bénédictions et les calamités du disciple

sont toutes complètement connues du maître.

« Les personnes terrestres sont tirées par le karma,

incapables d'échapper à la vie et à la mort.

'Si j'étais avide de préoccupations de ce monde,

il n'y aurait aucun espoir car mon âme serait perdue.

Les personnes terrestres s’affairent à commettre du karma,

conduisant à la souffrance dans les royaumes inférieurs.

L'avidité et l'engouement

mènent à une flamme ardente.

« En recherchant biens et de richesses,

Les conflits surgissent souvent créant des ennemis ;

un bon vin est comme le poison,

celui qui boit trouve la libération difficile.

« Ma tante aime beaucoup l'argent,

avide d’amasser inlassablement des biens ;

Avare de biens terrestres,

on peut finir en fantôme affamé.

« Ce que Tante a dit,

ce sont principalement des rumeurs.

Prononcer davantage de paroles comme celles-là

cause un préjudice réel…

« Ma maison et toute ma terre

sont données à tante ;

J'apprends le dharma avec un esprit pur,

la bouddhéité sera atteinte.

« Offrir le salut à ceux qui souffrent,

car les difficultés viennent de l'ingérence karmique ;

En tant que pratiquant, je m’élève,

la nature intrinsèque demeurant inébranlable.

« Béni par la compassion,

je prie pour le soutien des maîtres ;

Libre et sans entrave,

ici je vis dans la montagne.

« Ma tante a entendu ma chanson et s’est contentée de dire : "Neveu, les gens comme toi sont de vrais pratiquants ! Satisfaite et heureuse, elle est descendue de la montagne.

« Après avoir été soumis à ce genre d'irritations, mon dégoût et mon désir de quitter ce monde terrestre sont devenus plus forts que jamais. Par conséquent, céder la maison et la terre n’était pour moi presque rien. J'ai pensé aller à Drakar Taso immédiatement pour méditer. Cette grotte était l’endroit où j'ai commencé à pratiquer jusqu'à atteindre la plénitude, alors plus tard tout le monde l'a appelée "Prendre la route depuis la Grotte de la Falaise".

« Le lendemain, j’ai pris les biens obtenus de la vente du terrain, ainsi que quelques effets personnels que j’avais habituellement avec moi, et je me suis rendu à Drakar Taso à l’aube, avant que tout le monde ne se réveille. Drakar Taso était une grotte propice pour y résider. Après mon arrivée, j'ai posé un morceau de feutre dur et placé un petit tapis comme siège de méditation. Après avoir organisé tout le nécessaire, j'ai chanté un serment :

« Avant d'atteindre la bouddhéité,

je m'engage à rester ici;

Peu importe le froid ou la faim,

je ne partirai pas pour des vêtements ou de la nourriture.

« Si la maladie survient,

je ne descendrai pas me faire soigner;

Endurant les souffrances, je préfère risquer ma vie

que de descendre de la montagne pour chercher un traitement.

« Même pour un bref instant,

aucun avantage matériel pour ce corps physique ;

Ce n'est que par le corps, la parole et l'esprit que

l’on peut s’efforcer d’atteindre une grande illumination.

« Je prie sincèrement le maître

et tous les bouddhas dans les dix directions;

S'il vous plaît accordez un grand soutien

afin que ce serment ne soit pas enfreint.

« Je prie sincèrement tous les dakinis,

ainsi que les gardiens divins ;;

Aidez-moi avec cette affinité prédestinée ;

Faites de ce serment mon destin ultime.'

« J'ai alors prononcé mon serment : "Avant d'atteindre ma plénitude et grande réalisation, je ne descendrai pas de la montagne pour de la nourriture, même si je meurs de faim ; je ne descendrai pas de la montagne pour des vêtements, même si je meurs de froid ; je ne descendrai pas de la montagne pour chercher des médicaments, même si je perds la vie à cause d'une maladie. J'abandonne résolument tout ce qui a trait à cette vie et au monde terrestre. Mon corps, ma parole et mon esprit resteront inébranlables, ne poursuivant que la bouddhéité. J'espère que les maîtres, les dakinis et les gardiens divins m'aideront à atteindre cet objectif. Si je devais enfreindre ce serment ; je préférerais mourir que de garder un corps humain qui ne cultive pas le Dharma juste. Par conséquent, si je désobéis à mon serment, j'espère que les bouddhas et les gardiens divins mettront immédiatement fin à mes jours ; après ma mort, je souhaite aussi que le maître puisse m'aider à renaître en tant qu'être humain capable de pratiquer le dharma juste. 

« Après avoir prononcé le serment, je n'ai mangé qu'une infime quantité de farine d'orge grillée chaque jour. Jour après jour, j'ai continué la pratique ascétique.

« Même avec le soutien de la méditation mahamoudra, ma force physique était insuffisante en raison du manque de nourriture et mon énergie et mon souffle n'étaient pas harmonisés. En conséquence, je ne pouvais pas générer de chaleur intérieure et avais très froid. J'ai donc prié le maître de m'aider. Une nuit, avec des sensations vives, il m’a semblé voir maître Marpa participer à un rituel de culte entouré de nombreuses dames. Une personne a demandé : "Que devrait faire Milarepa s'il ne peut pas générer de chaleur intérieure ?" Maître Marpa a répondu : "Il devrait pratiquer de telle et telle manière." Il a ensuite présenté une position de méditation spéciale. Au réveil, j'ai suivi ses instructions pour exécuter le sceau des six fours (un style d'assise spécial). Après avoir ajusté mon énergie, contrôlé ma respiration et réprimé mes pensées vagabondes, mon esprit s'est détendu et la chaleur intérieure a été produite.

« Après un an, j'ai pensé aller me promener et visiter le village. Au moment de partir, je me suis souvenu du serment que j'avais fait auparavant.

« Je me suis donc encouragé et j'ai continué à avancer courageusement avec diligence, sans repos, jour et nuit. J'ai progressivement progressé et trois années supplémentaires se sont ainsi écoulées.

« Bien que je ne consommais qu'un seul khal de farine d'orge grillée par an, elle a progressivement diminué en plusieurs années. À la fin, je n'avais plus rien à manger et j'ai vu que si je continuais dans cette voie, je mourrais de faim. Je pensais que les gens du monde recherchent l'argent sans relâche avec ce précieux corps humain. Ils sont joyeux pour un petit gain et frustrés pour une petite perte. Ils sont si pitoyables. Même tout l'or des trois mille mondes, n'est rien comparé au fait d'atteindre la bouddhéité. Si je ne peux pas réussir et que je perde ce corps humain en vain, ce serait vraiment dommage. Alors devrais-je sortir pour un peu de nourriture pour continuer ma vie ? Je me suis alors rappelé le serment que j'avais fait plus tôt. Devrais-je descendre de la montagne ou pas ? Après avoir bien réfléchi, j'ai compris que sortir maintenant n'était pas pour le loisir, c'était plutôt pour obtenir de la nourriture pour ma cultivation. Ainsi, cela ne compterait pas comme une violation du serment, mais plutôt comme quelque chose que je devrais faire. Pour obtenir de la nourriture afin de pratiquer le dharma, je suis sorti de Drakar Taso.

« Cet endroit était un champ ouvert où je pouvais voir à une grande distance. La lumière du soleil était chaude, il y avait un ruisseau clair et tout était couvert d'herbe voluptueuse et d'orties de couleur verte. Voyant cela, j'étais très heureux, pensant : "Je peux maintenant survivre en mangeant des orties et je n'ai plus besoin de descendre de la montagne pour me nourrir." À partir de ce moment-là, en mangeant des orties, j'ai vécu une maigre existence et poursuivi ma cultivation.

« Après un long moment, mes vêtements étaient tous usés et il n’en restait plus rien. J'étais émacié et mes cheveux et ma peau étaient devenus verts parce que je ne mangeais que des orties.

« En pensant à la lettre du maître, je l'ai mise sur le sommet de ma tête, me sentant très heureux. Bien que n'ayant rien à manger, je me sentais heureux et vaniteux, comme si je venais de manger une nourriture délicieuse. Je me sentais très confortable et satisfait. J'ai pensé ouvrir la lettre pour la lire, mais un présage a indiqué que l'heure n'était pas encore venue, alors je ne l'ai pas ouverte. De cette façon, une autre année est passée.

« Un jour, un groupe de chasseurs est arrivé avec des chiens de chasse. Ils n'avaient trouvé aucune proie et je ne sais comment ils sont arrivés à l'entrée de ma grotte. En me voyant, ils ont été effrayés et ont crié : "Es-tu un humain ou un fantôme ?"

J'ai répondu : "Je suis un humain. Je suis un homme pratiquant la cultivation."

"Comment se fait-il que tu aies cette apparence ? Pourquoi ton corps est-il tout vert ?" a demandé l'un d'eux.

"Je mange des orties depuis longtemps, alors je suis devenu comme ça."

"Où est ta nourriture pour pratiquer la cultivation ? Laisse-nous ta nourriture à manger, et nous te rembourserons avec de l'argent plus tard. Si tu ne nous donnes pas ta nourriture, nous te tuerons !" Ils ont cherché partout dans la grotte et m'ont menacé cruellement.

"Je n'ai rien à part de l'ortie. Si j'avais d'autres choses, je ne le cacherais pas, parce que je crois que les gens ne donnent de la nourriture aux pratiquants qu’à titre d'offrande et qu'ils ne leur volent certainement pas leur nourriture."

« Un chasseur a demandé : "À quoi sert de donner des offrandes aux pratiquants ?"

« Donner des offrandes aux pratiquants vous apportera des bénédictions", ai-je répondu.

« Il a simplement ri et a dit : "D'accord. Formidable ! Je viendrai et te donnerai une offrande !" Il m'a soulevé de mon siège et jeté par terre. Il m'a ensuite soulevé à nouveau et m'a laissé tomber, me jetant encore une fois. Soulevé et jeté comme ça, mon corps maigre et faible ne pouvait bien sûr pas le supporter, et c'était incroyablement douloureux. Même s'ils m'humiliaient ainsi, la compassion à leur égard a surgi dans mon cœur. Je les trouvais incroyablement pitoyables et je n’ai pas pu retenir mes larmes.

« Un autre chasseur qui s’était assis sur le côté et qui ne m'avait ni insulté ni jeté, a dit : "Hé ! Ne faites pas ça. C'est bel et bien un pratiquant ascétique. Même s'il ne l'était pas, malmener une telle personne émaciée ne fera pas de vous un héros. Et nos estomacs n'ont pas faim à cause de lui. Arrêtez de faire des choses aussi déraisonnables !" Il m'a alors dit : "Yogi, je t'admire vraiment et je ne t'ai pas dérangé. S'il te plaît, protège-moi et bénis-moi." Le chasseur qui me tyrannisait a dit : "Je t'ai déjà fait une offrande, en haut et en bas. Tu devrais me bénir aussi ! " Il a ri et est parti.

« Je ne leur ai pas jeté de sorts. Peut-être était-ce une punition venue des trois joyaux [le Bouddha, le dharma et l'ordre monastique du bouddhisme] ou une rétribution pour ses propres mauvaises actions ; j'ai appris qu'un juge avait condamné ce chasseur à mort peu de temps après. Hormis le chasseur qui a dit aux autres de ne pas me tyranniser, tous les autres ont été sévèrement punis. »

(À suivre)

Traduit de l'anglais en Europe