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Pourquoi le Parti communiste chinois a-t-il si peur des intellectuels ?

Mercredi 4 novembre 2020 |   Écrit par Yiqing

(Minghui.org) Les intellectuels en Chine ont énormément souffert depuis que le Parti communiste chinois (PCC) a usurpé le pouvoir d'État en 1949. Ils ont été ciblés à maintes reprises dans une série de campagnes politiques, luttant sous la répression idéologique, et soumis à la fois à la torture physique et au tourment mental. Pourquoi le PCC a-t-il si peur des intellectuels et pourquoi les réprime-t-il si lourdement ?

Mao et les cercles Petofi

Après la mort de Joseph Staline en mars 1956, un mouvement démocratique national a balayé la Hongrie, s'opposant au modèle stalinien de « soviétisation totale » en Hongrie. Le mouvement visait directement Mátyás Rákosi, alors secrétaire général du parti au pouvoir en Hongrie, et les troupes soviétiques en Hongrie.

La démission de Rákosi en juillet 1956 a motivé les étudiants et les universitaires à organiser divers forums pour discuter des problèmes en Hongrie. Nommés d'après le célèbre poète hongrois Petofi au XIXe siècle, ces cercles Petofi ont attiré de nombreux intellectuels. Ils tenaient des séminaires et des conférences, et invitaient économistes, écrivains, historiens, éducateurs, scientifiques et philosophes de renommée nationale à s’exprimer librement. Ces chercheurs ont analysé les problèmes du régime sous différents angles et ont proposé des stratégies qui seraient bénéfiques au pays et enrichiraient le peuple. Leurs idées ont été largement soutenues par le public, qui les a suivies avec beaucoup de ferveur et d'enthousiasme. Chaque séminaire faisait salle pleine.

Les cercles Petofi en 1956

Les activités des cercles Petofi ont attiré des gens de toute la Hongrie et formé une puissante force sociale. D'autres grandes villes en dehors de la capitale Budapest ont emboîté le pas et organisé leurs propres cercles Petofi. Voyant que le changement de l'opinion publique était sur le point de se transformer en tempête politique, le Parti communiste a ordonné l'interdiction des activités du club, mais le peuple réveillé était devenu irrépressible.

Les étudiants universitaires de Budapest ont proposé Seize Points au gouvernement, y compris le retrait des troupes soviétiques, la poursuite de Rákosi en justice et la confirmation du droit de grève des travailleurs. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Budapest pour protester. Quelques jours plus tard, Khrouchtchev fit des compromis et ordonna aux troupes soviétiques de se retirer de Budapest.

Répression du soulèvement hongrois en 1956

À ce moment critique où le peuple hongrois pouvait voir la victoire arriver, Mao Tsé-toung, qui était loin en Chine, est devenu furieux et a continué à faire pression sur l'Union soviétique et Khrouchtchev. Il a également envoyé une délégation à Moscou, exigeant que le peuple hongrois soit réprimé par la force. La clique de Khrouchtchev a finalement accepté la suggestion de Mao et a écrasé les manifestants. La répression sanglante du soulèvement hongrois a choqué le monde.

En voyant les cercles Petofi en Hongrie, Mao a renforcé sa méfiance à l'égard des intellectuels et a réalisé leur incroyable pouvoir d'éclairer et de rassembler les gens autour d'eux. Il s'est également rendu compte que les intellectuels et le régime totalitaire du Parti communiste ne pouvaient pas coexister. C'était l'une des principales raisons pour lesquelles il a réprimé à plusieurs reprises les intellectuels en Chine et pourquoi il avait si peur du pouvoir des intellectuels. Il était déterminé à ne pas permettre que quelque chose de semblable aux cercles Petofi hongrois se produise en Chine.

Mao détestait les intellectuels pour leurs idées non censurées

Ce qui s'est passé en Hongrie a rendu Mao encore plus déterminé dans sa répression destructrice des intellectuels. Il a mentionné à plusieurs reprises par la suite que la raison pour laquelle l'incident hongrois s'est produit en Europe de l'Est était que le Parti communiste au pouvoir ne s'en était pas tenu à la doctrine de la lutte des classes et que tant de contre-révolutionnaires avaient été autorisés à vivre. Mao a dit un jour qu'il ne s'inquiétait pas des grèves des travailleurs ou des pétitions des paysans, parce qu'il avait fait l'expérience des cadres du PCC pour les réprimer efficacement. Les intellectuels étaient ceux qu'il craignait et détestait le plus parce qu'ils étaient capables de diffuser des idées non censurées.

Bien que le PCC ait bloqué les informations sur le soulèvement hongrois, le mouvement a quand même eu un impact en Chine. En janvier 1957, Mao a mentionné dans un discours que, après qu'une école de la ville de Shijiazhuang, dans la province du Hebei, avait prolongé la scolarité d'un an, des étudiants, incités par un petit nombre de contre-révolutionnaires, étaient descendus dans les rues pour protester. Ils se sont emparés de la station de radio locale et ont tenté de créer un soulèvement hongrois en Chine. « Ces personnes à l'intérieur et à l'extérieur du Parti qui soutiennent l'incident polono-hongrois font un excellent travail ! » commenta Mao sarcastiquement. « Ils parlent tout le temps de Poznan et de la Hongrie. Maintenant, les fourmis sont sorties du trou et les tortues sont toutes à l'air libre. »

Mao a déclaré lors d'une conférence du PCC en 1957 : « Il y a aussi toutes sortes de discussions étranges entre certains professeurs, disant qu'ils ne veulent pas du Parti communiste, que le Parti communiste ne peut pas les diriger, que le socialisme n'est pas bon, etc. Ils ont de telles pensées. »

« Le film La vie de Wu Xun, l'avez-vous vu ? Il a un stylo pinceau de plusieurs mètres de long, symbolisant les “hommes éduqués”. Quand ils balaient, c'est quelque chose. Ils veulent sortir maintenant et veulent probablement nous balayer. Est-ce que cela indique qu'ils veulent restaurer l'ancien système ? »

Wu Xun était un mendiant à l'époque Guangxu de la dynastie Qing. Il a passé des années à mendier de l'argent pour finalement créer une école où les enfants indigents pourraient recevoir une éducation gratuite. Il n'a même pas gardé un sou pour lui et ne s'est jamais marié. Il a été salué comme un éducateur civil et félicité par la cour royale des Qing. La vie de Wu Xun raconte comment il a mendié de l'argent pour ouvrir une école. Le film était très populaire et chaque séance faisait salle pleine.

Cependant, en mai 1951, Mao a publié un article dans le Quotidien du Peuple dénonçant le film, le qualifiant de mauvaise herbe empoisonnée anti-parti et attaquant Wu Xun comme « un libéral dont les programmes d'alphabétisation impliquaient que la révolution était inutile ». En conséquence, le film a été interdit et le personnel impliqué dans la production a été puni.

Wu Xun a été critiqué par le PCC.

En 1957, Mao a lancé une campagne de « rectification » pour « faire sortir les serpents de leurs tanières ». Au début, Mao a encouragé les intellectuels à critiquer la bureaucratie du PCC, en disant que cette critique était non seulement bienvenue, mais aussi nécessaire pour aider les cadres du PCC dans leur travail. Des intellectuels innocents et naïfs sont tombés dans le piège et ont exprimé leurs opinions et suggestions. Plus tard, Mao et le PCC se sont retournés et ont lancé le Mouvement anti-droitiste pour purger les intellectuels qui avaient montré le moindre signe d'insatisfaction quant à la conduite des cadres du PCC. En conséquence, des centaines de milliers de personnes ont été persécutées et envoyées dans des régions éloignées aux conditions difficiles pour être « réformées par le travail » (laogai). Beaucoup d'entre eux ne sont jamais revenus.

Le PCC a retiré les études en sciences humaines, mû par la peur

Du soulèvement hongrois de 1956 à la désintégration de l'Union soviétique dans les années 1990, il a été démontré à maintes reprises que le pouvoir des gens se réveillant et apprenant la vérité ne doit jamais être sous-estimé. C'est exactement ce que craignent le plus les régimes autoritaires.

Afin de tromper et de contrôler le peuple chinois, le PCC a détruit l'essence de la culture et des valeurs traditionnelles chinoises issues de l'ère républicaine, et il a copié le modèle soviétique en dirigeant le pays. Il a procédé à une révision systématique du système d'enseignement supérieur et a supprimé certaines études en sciences humaines, comme la sociologie et la logique. Les manuels d'histoire ont été réécrits sur la base d'une « analyse matérialiste de l'histoire », et l'ensemble du système éducatif a été guidé par les théories marxistes du PCC, avec la lutte des classes comme thème principal.

Après l'abolition des études libérales, la célèbre université Tsinghua est passée d'une université polyvalente à une école supérieure de sciences et d'ingénierie, et un système éducatif mettant l'accent sur la science et la technologie plutôt que sur les arts libéraux a vu le jour. Le nombre d'étudiants en ingénierie, en agriculture et en foresterie, en formation des enseignants et en sciences médicales est passé de 70 400 en 1949 à 138 400 en 1952, tandis que ceux qui se spécialisaient dans les études politiques et juridiques sont passés de 37 682 à 3830. De toute évidence, le PCC voulait que les étudiants deviennent des artisans et des outils de l'appareil d'État, ayant peu d'intérêt pour l'histoire et la société et pratiquement pas pour la pensée logique.

Lavage de cerveau et persécution des intellectuels

En même temps, le PCC a cruellement persécuté les intellectuels, soucieux de maintenir la culture traditionnelle chinoise, et les a forcés à réformer leur façon de penser. Aujourd'hui encore, les étudiants de Chine continentale ont été formés à se référer à l'histoire du soi-disant « point de vue matérialiste historique ». Une telle structure de l'enseignement de l'histoire, totalement différente de celle de l'Occident, a été largement attribuée à Jian Bozan, historien réputé et ancien vice-président de l'université de Pékin. Il a passé au peigne fin l'histoire chinoise selon la méthode marxiste-léniniste de Mao et a plaidé pour que les universitaires soient au service de la politique prolétarienne. Ses livres d'histoire tels qu'Aperçu de l'histoire de la Chine ont été utilisés comme manuels généraux dans les départements d'histoire des universités de toute la Chine, ce qui a entraîné un lavage de cerveau chez d'innombrables étudiants chinois.

Cependant, même quelqu'un comme Jian Bozan, qui avait tant contribué au nouveau système d'enseignement de l'histoire sous la direction du PCC, ne pouvait pas échapper à la persécution sous une dictature de tolérance zéro. Mao soutenait que « les soulèvements des paysans et les guerres paysannes étaient les seuls moteurs du développement de l'histoire », mais Jian n'était pas d'accord avec ce point de vue et a déclaré que les soulèvements des paysans ne devaient pas être trop salués au cours de l'histoire. Son point de vue a offensé Mao, qui a déclaré lors d'une réunion élargie du Politburo le 17 mars 1966 : « Mon point de vue est que nous ferions mieux d'abattre des gens comme Jian Bozan… ce sont des bureaucrates féodaux. » Peu après, Jian a été étiqueté comme un « vétéran anticommuniste ». Il a été soumis à plus d'une centaine de réunions de dénonciation et a été forcé de confesser ses « crimes ». Lorsque la pression et la douleur ont été trop fortes, il s'est suicidé avec sa femme.

Jian Bozan, autrefois utilisé par le PCC, a été amené au suicide à la fin.

Beaucoup d'autres ont souffert de la même manière. Pan Guangdan, un universitaire militant dans les premières années de la république de Chine, a été torturé à mort pendant la Révolution culturelle. Fei Xiaotong, un sociologue qui a assisté à la mort de Pan, a critiqué le sophisme selon lequel « les intellectuels sont nourris par le Parti communiste » et a déclaré avec émotion : « Qui a dit que nous étions nourris par le Parti communiste ! Nous n'avons jamais été nourris par le Parti communiste, mais par les travailleurs. » Il a été persécuté pendant 23 ans et n'a été libéré qu'après la Révolution culturelle, perdant le meilleur moment de sa carrière professionnelle.

Le Mouvement anti-droitiste et la Révolution culturelle ont détruit une génération d'intellectuels. Par exemple, Chen Yinke, un des plus célèbres intellectuels de l'ancienne république de Chine, a été persécuté à mort. Le célèbre écrivain Lao She s'est suicidé en se jetant dans un lac, alors qu'il ne pouvait plus faire face aux interminables « réunions de dénonciation ». Cao Yu, souvent considéré comme le dramaturge le plus important de Chine, n'a pas pu créer d'œuvres dans ses dernières années en raison de la répression de la libre pensée.

Repentance – un film parmi les plus influents avant l'effondrement de l'Union soviétique

À l'époque stalinienne, les œuvres bien connues de Léon Tolstoï, Dostoïevsky et Alexandre Soljenitsyne sur les îles du goulag étaient toutes classées comme livres interdits et beaucoup ont été brûlées. Après l'arrivée au pouvoir de Khrouchtchev et de Gorbatchev, certains de ces livres sont réapparus et les habitants de l'Union soviétique ont commencé à apprendre une certaine vérité sur le Parti communiste au pouvoir de l'Union soviétique (PCUS).

En 1987, le film Repentance, qui avait été interdit auparavant pour sa critique semi-allégorique de Staline, est sorti dans tout le pays en Union soviétique et est devenu un événement culturel important avant la désintégration du PCUS. Le film est complètement fictif et l'intrigue se déroule comme suit : Varlam Aravidze, le maire d'une ville dans les années 1930, est mort. Dans sa jeunesse, il avait promis de construire un « paradis sur terre » pour le peuple, mais après son arrivée au pouvoir, il commença à piétiner et à abuser de ceux qui le soutenaient dans les premiers temps. Dans ses dernières années, il était devenu si décrépit et si confus qu'il a même voulu abattre le soleil. Il a mis son ami, un artiste au franc-parler nommé Sandro, dans un camp de concentration, où celui-ci a fini par mourir. Varlam a également été responsable de la mort de beaucoup d'autres personnes.

De nombreuses années plus tard, la fille de Sandro, Katevan, a découvert comment son père était mort et a décidé de se venger. Après l'enterrement de Varlam, Katevan a déterré le corps et l'a appuyé contre un arbre dans le jardin du fils de Varlam. Après que le corps a été enterré à nouveau, elle a recommencé. Katevan a ensuite été arrêtée. Elle s'est défendue en exposant les méfaits de Varlam, ce qui a choqué tous ceux qui le connaissaient. Le petit-fils de Varlam s'est suicidé après avoir appris les crimes de son grand-père, et son fils, qui avait défendu son père auparavant, a jeté son cadavre d'une falaise voisine. Le film rappelait aux gens la tyrannie brutale de Staline.

Le film Repentance a ciblé sa critique sur Staline.

Gorbatchev a finalement abandonné le communisme.

À cette époque, Gorbatchev était au pouvoir depuis deux ans et beaucoup de gens savaient que le grand-père et le grand-père maternel de Gorbatchev avaient tous deux été emprisonnés pendant l'ère stalinienne, et il était impossible qu'il n'ait aucune objection envers Staline. La situation en Union soviétique et dans le monde à cette époque exigeait également qu'il adopte une attitude plus ouverte et plus détendue.

Lors d'une réunion du Comité central du CPSU en janvier 1987, Gorbatchev a annoncé qu'il entreprendrait des réformes économiques et politiques. Un mois plus tard, il a déclaré aux journalistes du Kremlin que l'Union soviétique comblerait le « vide de l'histoire » et que la vérité de l'histoire serait révélée.

Le film Repentance a fait sensation dans toute l'Union soviétique, non seulement parce qu'il condamnait publiquement le mal du totalitarisme, mais aussi parce qu'il encourageait des dizaines de milliers de soviétiques à réfléchir à la source et à la cause profonde du mal. Pour la première fois, le film a révélé des choses que le PCUS avait toujours cachées au public, semant l'idée dans le cœur des gens : nous ne pouvons plus vivre comme ça.

Après la désintégration de l'Union soviétique, un journaliste a interviewé le réalisateur du film Tengiz Abuladze et lui a demandé pourquoi il avait voulu faire un tel film. Il a répondu : « N'est-ce pas notre responsabilité ? »

Le PCC continue d'empoisonner l'esprit des jeunes étudiants

Lorsque Staline était au pouvoir, il a personnellement agi en tant que rédacteur en chef et a compilé un livre intitulé Cours abrégé sur l'histoire du Parti communiste soviétique, qui a également été utilisé comme référence par le PCC après 1949 lorsqu'il a compilé des manuels d'histoire soviétique pour les étudiants chinois.

En entrant dans le XXIe siècle, le livre Une histoire de la Russie : Le 20e siècle : 1894-2007, édité par Andrey Borisovich Zubov, a été utilisé comme manuel d'histoire pour la 11e année (deuxième année du lycée) en Russie. Le livre a rétabli la vérité historique et a accusé l'Union soviétique établie par Lénine d'être un « enfer sur terre ». Le livre a complètement renversé la situation en se basant sur la vérité et les faits, et Lénine, autrefois salué comme un grand dirigeant révolutionnaire prolétarien, a été amèrement méprisé et rejeté par le peuple.

Les statues de Lénine ont été abattues les unes après les autres.

Le PCC, en revanche, utilise toujours les manuels scolaires élaborés pendant le Mouvement anti-droitiste et la Révolution culturelle. Ces matériels pédagogiques et ces livres sont remplis des doctrines du PCC et ont fait subir un lavage de cerveau à des générations de Chinois.

Cependant, ces dernières années, surtout après la publication des Neuf commentaires sur le Parti communiste en 2004, de nombreuses personnes ont reconnu la nature violente et trompeuse du PCC. Plus de 360 millions de personnes ont accepté de renoncer à leur adhésion actuelle ou passée au PCC et à ses organisations pour la jeunesse, à savoir la Ligue de la jeunesse communiste et les Jeunes Pionniers.

Plus de 360 millions de Chinois ont quitté le PCC et ses organisations affiliées.

À mesure que le monde comprendra mieux ce qu'est le PCC après avoir subi les conséquences de ses campagnes de dissimulation et de désinformation sur la pandémie de coronavirus, la Chine deviendra probablement un meilleur endroit pour sa population et pour le monde entier.

Traduit de l'anglais