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Anciennes histoires de Chine : Un « Franc-parler » avec des dirigeants royaux pour le bénéfice du peuple (2ème partie de 3)

22 août 2014

(Minghui.org) (Suite de la 1ère partie)

Convaincre le Duc des Qi d’être plus diligent et attentionné

Qi Jing Gong (Duc Jing des Qi) s’adonnait à un style de vie luxueux. Alors que Yanzi était en mission diplomatique dans l’État de Lu, le Duc Jing ordonna de construire un nouveau palais. La construction se poursuivit durant l’hiver, et il faisait très froid. Les ouvriers ne pouvaient pas rentrer chez eux pour les moissons, lesquelles pourrissaient dans les champs. Beaucoup d’entre eux n’avaient pas assez à manger quand le froid arriva. Ils se plaignaient de la situation et espéraient que Yanzi serait vite de retour pour les secourir.

Quand Yanzi revint, il apprit ce qui s’était passé en son absence. Il alla au palais du Duc Jing pour faire son rapport. Le Duc Jing organisa pour lui un dîner de bienvenue. Après avoir mangé et parlé pendant un moment, Yanzi se leva et dit au Duc : « Avec votre permission, j’aimerai chanter une chanson ». Yanzi commença alors à chanter : « C’est la fin de l’année, mais les moissons n’ont pas encore été récoltées ; que faire ? Je suis inquiet. Il fait très froid, mais le travail de construction n’est pas terminé ; que faire ? Je suis rempli de tristesse. » Sa chanson finie, il se mit à pleurer. Le Duc Jing comprit aussitôt que Yanzi faisait allusion à la construction du nouveau palais. Il s’avança vers Yanzi et dit : « Vous n’avez pas besoin d’être aussi inquiet. Si vous faites référence à la construction du pavillon, je leur demanderai d’arrêter immédiatement les travaux. » Yanzi le remercia. Comme promis, le Duc Jing ordonna l’arrêt immédiat de la construction. Aussitôt qu’ils apprirent la nouvelle, les ouvriers quittèrent rapidement le site de construction.

Le Duc Jing s’en alla en voyage touristique de 18 jours. Yanzi lui demanda de rentrer au palais et de s’occuper des affaires de l’État. Le Duc fut surpris et dit : « Pourquoi devrais-je rentrer et me mettre à travailler ? Les affaires judiciaires ne sont-elles pas gérées correctement ? Taishi Ziniu (le fonctionnaire en charge des affaires judiciaires) s’occupe bien de cela. Les lieux de dévotions ne font-ils pas en temps et en heure les sacrifices ? Taizhu Ziyou (le fonctionnaire en charge des affaires du culte) s’occupe de cela. Est-ce que les programmes d’échanges avec les autres États ne fonctionnent pas bien ? Xingren Ziyu (le fonctionnaire en charge des programmes d’échanges) en est le responsable. Peut-être n’avons-nous pas cultivé assez de terres cette année, ou nos greniers n’ont-ils pas assez de nourritures et de provisions. Les fonctionnaires en charge de l’agriculture s’occuperont de cela. Quand à comment gérer l’État dans sa globalité, vous êtes là. Puisque je vous ai, vous mes cinq ministres, de quoi devrai-je m’inquiéter ? » Yanzi répondit « Chaque personne a ses responsabilités et doit faire son propre travail. Mais le Duc n’a fait aucun travail depuis plusieurs jours. » Le Duc Jing réalisa qu’il avait mal agi et rentra au palais avec Yanzi.

Bien que le Duc Jing eût des ministres de confiance pour l’aider à gérer les affaires de l’État, il avait néanmoins ses propres devoirs à remplir. Il pensait qu’il pouvait simplement s’asseoir et se relaxer puisque tout était pris en charge pour lui. Chacun a ses propres devoirs et devrait faire sa part. Mais on ne devrait pas ignorer ses propres responsabilités parce que tous les autres sont en train de remplir les leurs.

Le Duc Jing aide une personne âgée affamée

Un jour, le Duc et plusieurs fonctionnaires allèrent visiter le Palais de Shou. Le duc vit un vieil homme, blême et frêle, avec sur son dos un gros ballot de bois à brûler. Le vieil homme semblait n’avoir pas mangé depuis longtemps, et il avait l’air épuisé. Le Duc Jing se sentit désolé pour le vieil homme. Il ordonna à ses fonctionnaires de prendre soin de lui pour qu’il n’ait pas besoin de travailler si dur et souffrir de la faim.

Yanzi loua le Duc pour ce qu’il avait fait. Il dit : « J’ai entendu dire que l’essence de l’administration d’un État est de garder auprès de soi les personnes capables et vertueuses et de montrer de la compassion aux gens qui sont moins chanceux. Le fait que vous ayez aidé ce vieil homme montre que vous êtes disposé à être bienveillant envers votre peuple. C’est si important ! » Le Duc Jing fût très heureux d’entendre cela. Yanzi poursuivit : « Un duc sage et droit appréciera ceux qui sont capables et vertueux, et sympathisera avec ceux ayant moins de chance. En voyant une personne dans la souffrance, il se rappellera que d’autres sont dans des situations similaires. Veuillez demander aux fonctionnaires locaux de recenser les gens qui ont besoin d’aide – les gens âgés, les jeunes, les veufs et veuves, ceux qui n’ont pas de famille, et qu’ils fassent les arrangements appropriés pour prendre soin d’eux. De cette façon, votre bonté s’étendra à l’État tout entier. » Le Duc Jing aima vraiment l’idée de Yanzi et accepta immédiatement de suivre sa suggestion. Grâce au conseil de Yanzi, les personnes âgées démunies, les jeunes et les citoyens plus faibles de Qi furent pris en charge. La population de l’État de Qi vécut en conséquence une vie plus harmonieuse et stable.

Lorsque le Duc Jing eut pitié d’un vieil homme, Yanzi saisit cette opportunité de le convaincre d’être bienveillant et attentionné envers tous dans l’État. Un esprit ouvert et prévenant est nécessaire non seulement quand un conseil est donné, mais également dans l’acceptation de ce conseil. On devrait affirmer et encourager les points forts des autres. Quand les autres donnent de meilleurs conseils, peut-on les accepter avec joie et permettre à tous de s’améliorer et de progresser ?

Le plan du Duc Jing de récompenser des gens sans valeur et de punir ceux qui méritaient d’être récompensés

Une fois, le Duc Jing voulut récompenser les gens qu’il préférait. Trois de ses favoris recevraient la plus haute distinction, et cinq autres des récompenses immédiates. Après qu’il en eut notifié l’ordre, le fonctionnaire en charge des comptes refusa de l’exécuter. Le Duc Jing en fût furieux. Il ordonna que le fonctionnaire aux comptes soit démis de ses fonctions. Mais le fonctionnaire en charge des affaires judiciaires désobéit, lui aussi, à cet ordre. Le Duc n’était pas content. Il dit à Yanzi : « Un dirigeant devrait être capable de récompenser les gens qu’il aime et non ceux qu’il déteste. Mais maintenant, je ne peux pas donner de récompenses aux gens que j’aime, et je ne peux pas démettre de leurs postes les gens que je n’aime pas. Aurai-je perdu le pouvoir de gérer les affaires de l’État ? »

Yanzi répondit : « J’ai appris que quand un dirigeant fait ce qui est droit, et que ses ministres suivent son ordre, cela est considéré comme de l’obéissance. Si le dirigeant prend une mauvaise décision, et que ses ministres suivent quand même son ordre, cela est considéré comme de la trahison. Maintenant vous voulez donner de généreuses récompenses à des traîtres et des flagorneurs, et vous voulez que vos ministres vous obéissent. Le Duc prend le mauvais chemin, et les ministres ne font pas bien leur travail. Les ducs précédents ont établi la règle de récompenser les comportements favorables de manière à encourager les bonnes actions, et de punir les mauvais comportements dans le but de proscrire la cruauté. La raison pour laquelle les ducs des périodes Xia, Shang et Zhou furent capables d’édifier des États forts et prospères était qu’ils appréciaient et récompensaient ceux qui pouvaient agir pour le bien de leurs États, et détestaient et punissaient ceux qui nuisaient aux intérêts de l’État. Résultat, il y eut de plus en plus de personnes capables et vertueuses, et les mauvaises personnes commencèrent à changer leurs comportements et à cesser leurs mauvaises actions. Leurs peuples vécurent dans la paix et l’ordre. »

Yanzi poursuivit : « Quand les États étaient dans le déclin, et que leurs ducs se relâchaient et se mettaient à vivre des vies de débauches, ils aimaient et récompensaient ceux qui leur obéissaient aveuglément et punissaient ceux qui ne le faisaient pas. Plaçant mal leur confiance ils ne purent plus distinguer le bien du mal. Par conséquent, il y eut de plus en plus de gens corrompus, et ceux qui étaient droits furent chassés. À la fin, les familles éclatèrent et les États furent renversés. Vous ne pouvez pas comprendre comment vos ancêtres vertueux ont été capables de bâtir un État fort, et avez ignoré la raison pour laquelle certains États sont tombés aux mains d’autres personnes. Je m’inquiète que vos récompenses et punitions excessives ne conduisent Qi à sa perte, spécialement si vos ministres commencent à avoir trop peur de raisonner avec vous. » Le Duc réalisa son erreur, et dit : « Je n’en avais aucune idée. Entérinons les arrangements des ministres. » Après un audit minutieux, l’État de Qi put économiser un tiers de l’argent que le Duc avait mal utilisé pour récompenser ses favoris.

Le Duc Jing essayait de récompenser les gens qu’il aimait. Il n’avait pas réalisé que ses favoris ne contribuaient pas à l’amélioration de l’État. Si quelqu’un peut être récompensé sans compter simplement en satisfaisant le duc, il y aura de plus en plus de béni-oui-oui et de flagorneurs. Cela érodera les valeurs morales de la société. Le fait que tous les deux, le comptable et le fonctionnaire des affaires judiciaires, aient désobéi aux ordres du Duc Jing démontre leur dévouement à leurs responsabilités. Ils ont risqué leurs postes et probablement leurs vies pour le bien de l’État. Le Duc Jing ne pouvait voir que la surface et quels étaient ceux qui suivaient ou désobéissaient à ses ordres. Il n’avait pas réalisé que la véritable obéissance se soumet aux règles et à la droiture. Mais le Duc Jing fit néanmoins une chose droite. Il demanda conseil à Yanzi, un homme droit et sage. Yanzi fit une analyse complète et amena le Duc Jing à comprendre ce qui était en jeu à cause de ses actions et comment il était nécessaire d’en changer le cours. Quand quelqu’un est dans la confusion à propos de quelque chose, réalise-t-il qu’il devrait consulter une personne vertueuse ? Face à ses propres erreurs, peut-il avoir un esprit ouvert et corriger ses actions ? Si une personne peut clairement comprendre ses propres potentiels et faiblesses, elle pourra éviter beaucoup d’erreurs et mener une vie responsable et rationnelle.

Traduit de l'anglais en Europe