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Un dirigeant magnanime : l’empereur Taizu des Song (2e partie)

Lundi 18 janvier 2016 |   Écrit par Song Qingquan

(Minghui.org) (Suite de la 1re partie)

Zhao Kuangyin (927–976 apr. J.-C.), qui fonda la dynastie Song (960-1279 apr. J.-C.) ultérieurement connu comme l’empereur Taizu des Song, est passé à la postérité comme étant un dirigeant honnête et magnanime et qui tenait toujours parole.

Les anecdotes suivantes sont tirées de Histoire de la dynastie Song et de notes de la même période, lesquelles nous offrent une image du charisme et du charme de l’empereur Taizu.

Portrait de l’empereur Taizu de la dynastie Song

« Être frugal permet de mieux apprécier les bénédictions »

L’empereur Taizu des Song vivait frugalement et évitait les plaisirs des sens. Il avait un esprit pur et établit ainsi un exemple pour ses subordonnés. Les générations suivantes lui ont crédité le fait d’avoir renversé le déclin moral et culturel qui était endémique à son arrivée au pouvoir.

L’empereur Taizu donna des ordres pour que les bordures des haies de roseaux dans son palais soient enveloppées de tissu pour prolonger leur durée de vie. Voyant sa fille aînée décorer sa robe courte avec des plumes de martin-pêcheur, il la dissuada de faire cela.

« Vous êtes née dans une famille riche et estimée », lui dit-il, « La frugalité aide à apprécier les bénédictions. »

Meng Chang, le dernier empereur des Shu postérieurs, gouverna l’actuelle région du Sichuan de 934 à 964 apr. J.-C. Il se rendit aux Song en apprenant la défaite de son armée. Lorsque l’empereur Taizu découvrit que l’urinoir de Meng Chang était incrusté de sept diamants rares, il le fracassa.

« Sept diamants pour orner un pot-de-chambre ? » dit-il à Meng. « Avec quoi décoreriez-vous le bol dans lequel on sert la nourriture ? Rien d’autre ne ruine plus rapidement un pays que de telles extravagances. »

(Adapté de Histoire de la dynastie Song : Annales basiques de l’empereur Taizu)

Un tueur brutal puni en dépit d’une amnistie

L’empereur Taizu était connu pour sa générosité. Néanmoins, sa générosité ne l’empêchait pas de maintenir la justice sociale.

À cause d’une rancœur personnelle, Fan Yichao tua 12 membres de la famille de Chang, qui vivait dans la préfecture de Shaan, l’actuelle province du Henan. Le seul à en réchapper fut le plus jeune fils de la famille, Chang Liuliu. Les meurtres eurent lieu sous la gouvernance des Zhou postérieurs, avant que l’empereur Taizu n’arrive au pouvoir et Fan était toujours en liberté.

Au moment où l’empereur Taizu accéda au trône, il proclama une amnistie. Après quelques années, Chang Liuliu appréhenda Fan et l’emmena aux autorités locales. Les fonctionnaires de la préfecture de Shaan rédigèrent un rapport, suggérant que, basé sur l’amnistie proclamée au début de la Dynastie des Song, Fan se verrait épargner l’exécution.

« Comment se pourrait-il que quelqu’un ayant tué brutalement 12 membres d’une même famille soit épargné à cause d’une amnistie générale ? » dit l’empereur Taizu. Il ordonna que Fan soit exécuté.

(Adapté de Histoire de la dynastie Song : Registres des Lois Pénales)

Une haute estime envers l’histoire

L’empereur Taizu était un guerrier avant d’accéder au trône et excellait aux arts martiaux. Il était courageux et brave. Néanmoins, il craignait les entrées consignées par l’historiographe qui tenait un journal sur les activités quotidiennes de la cour impériale.

L’empereur Taizu tenait l’histoire en haute estime, parce qu’elle transmet les réussites et les lacunes de quelqu’un aux générations futures pour leur jugement.

Un jour, l’empereur Taizu était en train de tirer sur des oiseaux dans l’arrière-cour du palais. Un subordonné demanda à le voir, prétendant une affaire urgente. L’empereur Taizu s’assit avec lui, mais trouva l’affaire triviale, ce qui provoqua son mécontentement. Il réprimanda le subordonné pour avoir prétendu faussement qu’il y avait urgence.

« Votre Majesté, à mon humble avis, cette affaire est plus urgente que de tirer sur des oiseaux », déclara le subordonné.

Fou furieux, l’empereur Taizu frappa le subordonné au visage avec le manche d’une hache, lui cassant deux dents de devant. Le subordonné se pencha, ramassa ses dents et les mit dans sa poche.

« Vous gardez vos dents afin de pouvoir déposer plainte contre moi », hurla l’Empereur en colère.

« Je ne suis pas en position de porter plainte contre Votre Majesté. Cependant, l’historiographe devra documenter ce qui s’est passé aujourd’hui. »

L’empereur Taizu fut alarmé, mais en même temps content. Il savait que son subordonné avait agi en toute loyauté envers lui. Il le récompensa avec de l’or et de la soie.

(Adapté de Nouvelles consignées à Susui par Sima Guang)

Trois serments secrets pour gouverner

Après avoir fondé la dynastie Song, l’empereur Taizu grava sur une pierre trois serments devant être lus par ses successeurs. La pierre fût enfermée dans une pièce à laquelle seule une poignée d’administrateurs de la famille royale avait accès. Même les premiers ministres n’en savaient rien. Chaque empereur, en prenant sa fonction, devait être emmené dans la pièce secrète pour s’agenouiller et lire les trois serments.

Ce ne fut que lorsque les Mongoles vainquirent l’armée des Song et s’emparèrent du palais que les serments secrets furent révélés :

1. Si les descendants de la famille royale des Zhou postérieurs, desquels l’empereur Taizu a pris le pouvoir, venaient à commettre un crime, ils ne doivent pas être torturés – même s’ils conspirent pour renverser les Song. Ils seront autorisés à se suicider en prison, sans être exécutés en public, ni ne verront leurs familles impliquées.

2. Aucun érudit ou quiconque qui donne des recommandations spécifiques à la cour impériale ne sera tué pour ses opinions.

3. Pas d’augmentation de taxes sur les fermiers.

L’Empereur Taizu établit les critères de base pour que la dynastie Song puisse gouverner à travers ces trois serments. Les descendants de la famille royale des Zhou postérieurs, qui soutinrent les Song contre vents et marées, attestèrent de la générosité, de l’efficacité et de la prévoyance de l’empereur Taizu. S’en tenant aux serments, tous les empereurs Song qui lui succédèrent s'abstinrent également de tuer les fonctionnaires de niveaux inférieurs.

Ce qui est également d’une importance significative est le second serment, lequel interdisait de tuer des érudits. Il garantissait que la dynastie Song, fondée par l’empereur Taizu, lui-même un guerrier avec peu d’éducation, reste connue dans l’histoire comme l’incarnation du « règne de la civilité ».

Su Shi, dont les accomplissements en poésie le placèrent parmi les géants littéraires dans l’histoire chinoise, fit de la cour impériale Song une cible de sarcasmes dans ses poèmes. En n’importe quelle autre période, il aurait été exécuté de nombreuses fois et personne de sa famille n’aurait été épargné. Néanmoins, il fut simplement rétrogradé et plus tard reprit sa carrière dans la hiérarchie impériale.

Comparé aux fondateurs des dynasties des Han occidentaux et orientaux, des Tang et des Ming postérieurs, qui s’entourèrent de généraux et de stratèges célèbres, tout ce que l’empereur Taizu avait était Zhao Pu, qui ne pouvait même pas se mesurer à un des assistants de ces autres empereurs qui fondèrent les nouvelles dynasties. L’Empereur Taizu, au contraire, ne compta que sur lui-même. Il mit fin à sept décennies d’agitations qui sévissaient dans cette vaste terre de Chine, amenant la prospérité durant le règne de Jianlong (960–963 apr. J.-C.), lequel donna le ton à trois siècles de règne de la dynastie Song.

Sima Chi déclara à son fils Sima Guang (un historien connu pour Miroir général pour aider au Gouvernement) : « L’unité de toutes les parties délimitées par la mer, laquelle nous a apporté une période prolongée de bénédictions, sans menaces étrangères ni venant de l’intérieur, est due totalement à la droiture et à la magnanimité de l’empereur Taizu. »

Deux autres érudits de renoms, Fan Zhongyan et Cheng Yi, ont également applaudi la vertu de l’empereur Taizu pour n’avoir pas tué arbitrairement un seul subordonné.

Zhu Yuanzhang, qui fonda la dynastie Ming, reconnu à l’empereur Taizu le mérite d’avoir suivi le mandat du Ciel et de s’être accordé aux souhaits appréciés du peuple, amenant l’unité et un règne civil qui perdura plus de 300 ans, et pour avoir régné avec vertu amenant paix et prospérité pour les générations suivantes.

(La partie sur les trois serments est adaptée de À propos de la dynastie Song de Wang Fuzhi)

Traduit de l'anglais en Europe