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Gouverner un pays avec bienveillance

17 juillet 2016 |   Écrit par Qinshan

(Minghui.org)

Mencius, ou Mengzi (372–289 av. J-C), est l’un des plus célèbres philosophes de l’histoire chinoise. Il a dit une fois : « C’est la bienveillance qui a permis aux trois dynasties des Xia, Shang et Zhou d'accéder au trône et c’est par manque de bienveillance qu’ils l’ont perdu. C’est de la même façon que sont déterminés le délabrement et la prospérité, la conservation et le péril des États. »

Il a dit aussi : « Si l’empereur n’est pas bienveillant, il ne peut empêcher le trône de lui échapper. Si le chef de l’État n’est pas bienveillant, il ne peut en conserver la gouvernance. Si un grand noble ou un grand officier n’est pas bienveillant, il ne peut préserver son temple ancestral. Si un érudit ou un homme du commun n’est pas bienveillant, il ne peut préserver ses quatre membres. »

« De nos jours, les gens détestent la mort et la ruine, et pourtant ils se plaisent à ne pas être bienveillants – C’est comme celui qui déteste être ivre, mais qui pourtant continue de boire du vin ! » [1]

Les anciens Chinois croyaient qu’en chérissant les principes moraux, une personne influence son environnement et est capable de vivre en paix et en harmonie avec celui-ci. Si toute la population se comporte de la sorte, le pays est certain d’être prospère et la société riche et paisible.

Les conseils de Yanzi aux rois Zhuang et Jing

Yanzi (578–500 av. J-C) était un politicien et diplomate célèbre durant la période des Chun et Qiu, quand la Chine était divisée en de nombreux petits pays.

Le roi Zhuang du royaume des Qi voulut attaquer le royaume des Jin. Il demanda conseil à Yanzi. Yanzi répondit : « Ceci ne devrait pas être fait. Vous avez beaucoup, mais vous en désirez encore plus. Votre désir continue de grandir, tout comme le fait votre arrogance. Une personne qui a beaucoup et qui continue de désirer davantage attirera le danger sur lui-même. » En entendant les paroles de Yanzi, le roi Zhuang fut très mécontent. Ainsi, Yanzi démissionna de son poste et se retira à la campagne.

Le roi Zhuang attaqua les Jin par la force et obtint une brève victoire. Il attaqua également les Ju. Mais une année plus tard, il fût tué par l’un de ses propres ministres.

Quand le roi des Jing voulut attaquer les Lu, Yanzi lui donna ce conseil : « Le roi des Lu est bienveillant et juste. Il est bien aimé par son peuple. Ceux qui attaquent un tel pays ne feront qu’attirer d'inquiétants dangers sur eux-mêmes. J’ai également entendu dire que c’est uniquement quand un roi a une grande vertu et maintient son pays stable et son peuple heureux, qu’il peut lever son armée pour se défendre dans une guerre. » Le roi des Jing suivit le conseil de Yanzi et n’attaqua pas les Lu.

Les commentaires de Wuju sur le palais de Zhanghua

Le roi Ling du royaume des Chu ordonna que soit construit un grand palais. Cela prit de nombreuses années et utilisa beaucoup de main-d’œuvre ; cela vida presque les coffres du pays. Au moment de l’achèvement du palais de Zhanghua, le roi des Ling et tous ses ministres montèrent dans la plus haute tour du palais.

Le roi Ling fit ce commentaire : « Quelle tour magnifique ! » Wuju, l’un des ministres, dit au roi : « Un roi sage est vertueux et bien respecté. Il prend plaisir à garder son peuple content et heureux, il prend conseil de ceux de grande vertu, et des gens de très loin lui feront serment d’allégeance en raison de sa réputation vertueuse. »

« Il ne considère pas la construction d’une grande tour avec des piliers gravés et des rayons peints comme une belle chose ni la musique forte d’un grand orchestre comme appréciable, ni un décor magnifique et des mobiliers luxueux comme flattant le regard. »

« À quoi sert-il de construire un magnifique palais, tout en vidant les caisses du pays ? Quand une personne a trop de désirs égoïstes, sa bienveillance et son sens de la justice sont assurés de décroître. Si Sa Majesté pense que sa tour est magnifique, j’ai peur que notre pays soit en danger. »

« La mise en garde de Wuju se matérialisa quatre ans plus tard, quand le roi Ling fut renversé par son frère et d’autres fonctionnaires de la cour. Il se pendit lui-même dans un refuge.

Le roi Mu pardonne à des fermiers

Le roi Mu du royaume des Qin avait un ranch où il gardait toutes sortes de chevaux célèbres. Un jour, plusieurs chevaux disparurent. L’officier en charge du ranch en fut terrifié. Il pensa que le roi serait sûrement en colère contre lui et le ferait exécuter. L’officier chercha partout et finalement trouva des objets qui ressemblaient à des ossements de chevaux dans un village non loin. Il suspecta les villageois d’avoir tué et mangé les chevaux. Il fit arrêter trois cents fermiers du village et les amena au roi.

L’officier dit au roi Mu que les fermiers avaient mangé les chevaux et qu’ils devraient être exécutés. À sa surprise, le roi Mu ne se mit pas en colère. Il pardonna aux fermiers et les renvoya chez eux.

Quelques années plus tard, le roi Mu était engagé dans une bataille contre un autre pays. Son armée fut encerclée et était sur le point d’être vaincue. Le roi Mu lui-même était également en danger. À ce moment critique, un petit groupe de cavaliers fit une incursion dans les lignes ennemies et combattit au côté de l’armée du roi Mu. Les cavaliers se battirent vaillamment et l’ennemi battit en retraite. Le roi Mu fut en mesure d’atteindre un lieu sûr. Il fut très reconnaissant envers les cavaliers et leur demanda qui ils étaient. Les cavaliers lui répondirent qu’ils étaient les fermiers qui avaient mangé les chevaux du roi Mu.

La bienveillance et le pardon du roi Mu l’ont en fin de compte aussi sauvé lui-même.

[1] Basé sur The Mencius, traduit par James Legge

Traduit de l'anglais en Europe