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Une femme d’âge moyen condamnée à huit ans de prison pour avoir distribué des DVD promouvant la culture traditionnelle chinoise

16 février 2022 |   Écrit par un correspondant de Minghui dans la province du Yunnan, Chine

(Minghui.org) Quatre habitants de la ville de Kunming, dans la province du Yunnan, ont été condamnés en 2013 à des peines allant de sept ans et demi à dix ans de prison pour avoir distribué des DVD contenant des informations sur la culture traditionnelle chinoise et la persécution du Falun Gong par le Parti communiste chinois. L’une de ces personnes, Mme Peng Xueping, après avoir été libérée en août 2019, a raconté la persécution qu’elle a subie à la prison pour femmes no 2 de la province du Yunnan.

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Je m’appelle Peng Xueping et je suis âgée de 44 ans. J’ai commencé à pratiquer le Falun Gong en 2003. Ayant été stérile après des années de mariage, je suis tombée enceinte peu après avoir commencé à pratiquer le Falun Gong. J’ai bénéficié physiquement et mentalement du Falun Gong qui enseigne aux gens à être bons en suivant le principe Authenticité-Bienveillance-Tolérance. Je suis très heureuse d’avoir appris le Falun Gong, car la moralité humaine décline tous les jours.

Cependant, de nombreuses personnes en Chine ont été trompées par la propagande après que le Parti communiste chinois a lancé la persécution du Falun Gong en 1999. Afin d’aider davantage de personnes à connaître les faits, j’ai commencé à distribuer des documents d’information sur le Falun Gong pour dénoncer la persécution.

Arrestation et interrogatoire

Trois compagnons de cultivation et moi-même sommes allés distribuer des documents d’information sur le Falun Gong dans des villages du district de Lufeng, dans la préfecture autonome de Chuxiong Yi, dans la province du Yunnan, le 20 décembre 2012. Le document principal était un DVD du Gala mondial du Nouvel An chinois avec des spectacles de danse et de musique basés sur la culture traditionnelle chinoise. Il soulignait également la façon dont le régime communiste persécute le Falun Gong et comment les pratiquants résistent à la tyrannie avec une forte conviction. Malheureusement, nous avons été signalés à la police et arrêtés par des agents du poste de police de Tuo’anxiang.

Les agents ont saisi les cheveux de ma compagne de cultivation Mme Ran Xiaoman et les miens, nous ont mis de force les mains derrière le dos, nous ont fait monter dans ma voiture et nous ont conduits au poste de police. Ils ont continué à nous tirer les cheveux après être sortis de la voiture.

J’ai été surprise d’y voir ma belle-mère Mme Liu Cuixian, qui avait également été arrêtée pour avoir distribué des DVD. Elle a essayé d’empêcher les policiers de me frapper, mais elle a été giflée elle-même et jetée à terre à coups de pied. La police nous a obligées à nous accroupir sur le sol.

Plus tard, la police nous a emmenées chacune dans une pièce séparée pour nous interroger. J’avais tellement peur que je leur ai menti en leur disant que j’avais été payée pour emmener mes compagnons de cultivation. Bientôt, plusieurs agents du Bureau de la sécurité intérieure du district de Lufeng sont arrivés et nous ont fouillés. Ils ont confisqué le reste des DVD trouvés dans ma voiture et nous ont obligés à apposer nos empreintes digitales sur la liste de confiscation. Nous n’avons pas été autorisés à manger ni à utiliser les toilettes jusqu’à minuit.

Rafle à domicile et détention

Le lendemain, les interrogatoires ont repris vers 6 heures du matin. Nous avons refusé de leur donner nos noms et nos adresses. La police a pris nos photos et les a remises aux fonctionnaires des villages voisins, qui ont ensuite fait du porte-à-porte pour demander si les villageois avaient reçu des documents d’information et pour identifier qui les leur avait donnés.

L’interrogatoire s’est terminé à 19 heures, et nous avons été emmenés à l’hôpital du district pour un examen médical. Vers 23 heures, nous avons été emmenés au centre de détention du district de Lufeng.

Pendant notre détention, la police a saccagé mon domicile et celui de ma belle-mère.

Interdiction de rencontrer un avocat et condamnation injustifiée

Ma famille a engagé un avocat de Pékin spécialisé dans les droits de l’homme pour me défendre, mais les autorités ont empêché l’avocat de me rendre visite pendant les dix voyages qu’il a effectués au centre de détention. L’avocat n’a pas non plus été autorisé à examiner les documents relatifs à mon affaire.

Lorsque le tribunal du district de Lufeng a tenu la première audience de notre cause fin avril 2013, nous avons vu des policiers armés se tenir des deux côtés de la route étroite lorsque nous y avons été conduits. Lorsque je suis arrivée dans la salle d’audience, j’ai vu mon avocat être poussé hors de la salle par les huissiers qui ont affirmé que mon avocat avait violé la procédure légale.

Nous avons demandé au juge de reporter l’audience, mais en vain. Sans représentation légale, nous n’avions pas d’autre choix que de plaider non coupable pour nous-mêmes.

Quelques jours avant la deuxième audience, le 31 mai 2013, le juge président Li Liangsheng ainsi que les juges Yang Yueming et Zhu Yan sont venus au centre de détention et nous ont dit que les avocats que nous avions engagés ne pouvaient plus nous défendre, mais que les juges pouvaient désigner des avocats pour nous représenter gratuitement. Je leur ai demandé : « Est-ce que l’avocat que vous avez nommé va inscrire un non coupable pour moi ? ». Ils ont répondu non. J’ai refusé d’accepter l’avocat.

Lors de la deuxième audience, j’ai demandé que les témoins comparaissent devant le tribunal pour accepter un contre-interrogatoire, mais personne ne s’est présenté. J’ai également demandé au tribunal de faire jouer le DVD que nous avions distribué, mais ma demande a également été refusée.

À la fin de l’audience, le président du tribunal m’a condamnée à huit ans de prison pour « organisation et utilisation d’une secte pour saper l’application de la loi », le prétexte standard utilisé pour criminaliser les pratiquants de Falun Gong. Ma voiture a été confisquée.

J’ai fait appel auprès de la cour intermédiaire de la préfecture autonome de Chuxiong Yi en juin 2013, mais elle a décidé de maintenir ma peine initiale le 10 octobre. J’ai été emmenée à la prison pour femmes no 2 de la province du Yunnan le 1er novembre 2013.

Torturée dans la prison des femmes

Cette prison est la seule du Yunnan à incarcérer des femmes pratiquant le Falun Gong. Au fil des ans, elle a mis en place un système de torture pour forcer les pratiquantes à renoncer à leur croyance. J’ai été placée dans la neuvième division, qui est spécialement aménagée pour les pratiquantes de Falun Gong.

Reconstitution de torture : S’asseoir sur un petit tabouret pendant une longue période

Au début, toutes les pratiquantes affectées à la neuvième division ont été forcées de s’asseoir sur un petit tabouret pendant plus de 10 heures sans interruption. La surface du tabouret était irrégulière et marquée de trous. Nous devions nous asseoir dessus bien droite, sans pouvoir nous appuyer sur quoi que ce soit ni baisser la tête ou fermer les yeux. Nous n’avions le droit de boire qu’une tasse d’eau par jour et de nous laver qu'une fois par semaine avec une bassine d’eau. Si nous voulions acheter des produits de première nécessité, nous devions écrire une demande aux gardiens de la prison en indiquant le crime que nous avions commis. Même si la demande était approuvée, nous ne pouvions acheter que quelques articles, dont la valeur totale ne dépassait pas 50 yuans. Nous étions également privées du droit de voir, d’appeler ou d’écrire à nos familles.

J’ai passé environ quatre mois dans la neuvième division et j’avais l’impression que chaque jour était comme une année. Inquiète pour mes enfants et ne pouvant plus supporter la persécution, j’ai écrit une déclaration pour renoncer au Falun Gong contre ma volonté. Je le regrette tellement et je déclare par la présente que toutes les paroles et actions que j’ai faites sous la persécution dans la prison sont nulles et non avenues.

J’ai été transférée à la cinquième division et affectée à la confection de vêtements. J’étais surveillée par les détenues 24 heures sur 24. Elles notaient tout ce que je faisais et faisaient un rapport quotidien aux gardiens de la prison. Chaque fois que je parlais à une autre pratiquante, elles le signalaient aux gardiens. Une fois, le gardien Zhang Yingxin m’a ordonné d’écrire un rapport de réflexion, mais j’ai refusé. Zhang a alors ordonné à la détenue Baowang de l’écrire à ma place et je ne savais pas du tout ce qui était écrit.

Lors de la confection des vêtements, nous devions être très concentrées pendant le travail, car la moindre inattention faisait percer l’aiguille à travers les ongles. Parfois, nous devions travailler plus de 10 heures par jour. Certaines détenues mettaient la coque d’une graine de tournesol entre leurs paupières pour ne pas s’endormir. Presque tous les membres du groupe se sont fait piquer les doigts par les aiguilles. Mais la plupart cachaient la blessure, pour éviter d’être insultés par les gardiens ou de perdre leurs points pour la réduction de peine. L’atelier était si poussiéreux que j’ai également développé une grave rhinite.

Bien que j’aie été autorisée à voir ma famille dans la cinquième division, nos rencontres étaient surveillées et filmées tout le temps. Pour protester contre cette persécution, j’ai refusé plusieurs fois d’assister à la rencontre, avant que les gardiens n’arrêtent finalement de nous filmer.

Harcèlement après la libération

J’ai été libérée en août 2019. Un gardien a pris quelques photos de moi à la porte de la prison. Des agents du poste de police de Zongshuying, dans la ville de Kunming, m’ont conduit au poste de police. Ils ont pris mes empreintes digitales et un échantillon de sang. Ils m’ont également suivi au salon de coiffure et ont pris une mèche de mes cheveux. Ils sont entrés chez moi avant moi et ont pris des photos partout. Ma sœur, qui se trouvait chez moi, a été témoin de ce qu’ils ont fait.

Le lendemain, des agents du poste de police de Hongshan (responsable de mon domicile) sont venus voir comment j’allais. L’un d’eux a dit qu’il pourrait venir me chercher à tout moment. Quelques jours plus tard, ils ont appelé mon mari et ont demandé que je me rende au poste de police. Je n’avais rien fait de mal, j’ai donc décidé de leur faire face ouvertement et sans détour. Lorsqu’ils ont demandé à me prendre en photo et à signer une déclaration, j’ai refusé.

Au début de 2020, je suis allée avec ma belle-mère, mon mari et mon fils rendre visite à ma mère dans le district de Lufeng. Je ne l’avais pas vue après ma détention. Cependant, sur le chemin du retour à la gare, nous avons été entourés par un groupe de policiers qui ont prétendu avoir reçu des directives d’en haut et devoir nous fouiller. Ils n’ont rien trouvé et nous ont laissés partir.

Le deuxième jour après mon retour, deux agents du poste de police de Hongshan sont à nouveau venus. J’ai protesté contre le harcèlement et leur ai dit que ce qu’ils faisaient était illégal.

J’espère que tous ceux qui ont participé à la persécution réfléchiront à ce qu’ils ont fait et soupèseront leur conscience. J’espère qu’ils pourront en apprendre davantage sur le Falun Gong et être responsables de la société et d’eux-mêmes.

Voir aussi :

Entre six et dix ans d’emprisonnement pour quatre femmes ayant distribué des DVD de Shen Yun

Des responsables poursuivis pour avoir interféré avec les rencontres entre avocats et leurs clients

Une parodie de procès de 10 minutes pour quatre pratiquantes, à la Cour de Lufeng

(Un article connexe est disponible dans la version anglaise.)

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Traduit de l’anglais