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Un homme vu pour la dernière fois il y a 20 ans après son arrestation par la police parce qu’il pratiquait les exercices de Falun Gong

27 mai 2022 |   Écrit par un correspondant de Minghui dans la province du Henan, en Chine

(Minghui.org) Un natif de la province du Hunan a fui son domicile et déménagé dans la province du Hainan dans l’extrême sud de la Chine, afin d’échapper à la persécution de sa croyance dans le Falun Gong. Il a été arrêté en septembre 2002 dans le Hainan pour avoir fait l’exercice de méditation du Falun Gong. Personne, y compris sa famille, n’a eu de nouvelles de lui depuis. Il avait 33 ans à l’époque. Cela fait vingt ans qu’il a disparu et sa famille continue de le rechercher.

M. Yang Aijin

M. Yang Aijin, du district rural de Zhongfang, ville-préfecture de Huaihua, province du Hunan, est devenu pratiquant de Falun Gong en 1997. Après cela, son épilepsie, une maladie dont il souffrait depuis l’âge de neuf ans et qui a failli le tuer plusieurs fois, a disparu. Pour avoir refusé d’abandonner le Falun Gong lorsque le régime communiste a ordonné sa persécution en juillet 1999, la police l’a arrêté et détenu à quatre reprises. Les autorités locales se sont rendues à son domicile pour l’agresser et le menacer à plusieurs reprises. Une fois, il a tellement saigné que son sang a éclaboussé le sol et le mur. Il a failli mourir d’un empoisonnement au monoxyde de carbone pendant sa détention en février 2001.

Harcèlement, arrestations et tortures

Deux mois après le début de la persécution, en 1999, quatre fonctionnaires du canton de Jinxi se sont présentés à 4 heures du matin, au domicile de M. Yang un jour de septembre 1999. Ils l’ont saisi et placé dans le centre de détention du district rural de Zhongfang pendant quinze jours. La soudaine perturbation mentale a provoqué une rechute de son épilepsie.

Pour protester contre la persécution, M. Yang s’est rendu à Pékin en novembre 1999 avec son père, M. Yang Chunxi, sa mère, Mme Yang Meixiu, et sept autres pratiquants, dont M. Yang Mansheng et Mme Ding Xianglian. La police armée de la place Tiananmen à Pékin, ayant appris qu’ils pratiquaient le Falun Gong, les a agressés et arrêtés tous les dix. Les autorités de sa ville natale sont venues à Pékin pour les raccompagner et les placer au centre de détention du district de Zhongfang.

Au bout de quinze jours, M. Yang, ses parents, M. Yang Mansheng et Mme Ding ont été transférés dans le bourg de Jinxi. Les responsables de la municipalité ont essayé de les contraindre à signer des déclarations de renoncement à leur croyance et de garantie qu’ils n’iraient jamais manifester à Pékin. Les cinq pratiquants ont refusé de le faire, les responsables les ont alors enfermés dans les locaux de la municipalité pendant dix jours supplémentaires et les ont obligés à payer 70 yuans de frais de subsistance avant leur libération.

Les autorités du Bureau 610 du district rural de Zhongfang, du Département de police du district et du poste de police de la commune de Jinxi ont fait irruption au domicile de M. Yang en mars 2000. Sans passer par aucune procédure légale, elles l’ont emmené et placé au centre de détention du district de Zhongfang durant quinze jours.

Le 12 avril 2000, quatre fonctionnaires du gouvernement du bourg de Jinxi ont arrêté M. Yang, sa mère et quatre autres pratiquants, dont M. Yang Yunsheng, Mme Yang Xiuying, M. Yang Mansheng et Mme Ding, et les ont emmenés dans un centre de lavage de cerveau. Les fonctionnaires ont prétendu que c’était pour les empêcher de se rendre à Pékin pour protester lors de la journée sensible du 25 avril. Les six pratiquants ont tous entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention arbitraire. Ils ont été libérés trois jours plus tard.

Le 6 juin 2000, cinq fonctionnaires se sont présentés au domicile de M. Yang sur un tracteur. Ils ont traîné M. Yang hors de sa maison. Comme il résistait, un fonctionnaire l’a attrapé par les jambes et l’a traîné sur le sol en direction du tracteur. La peau de son dos a été déchirée, et du sang a taché ses vêtements et le sol.

L’un de ses voisins a crié aux fonctionnaires : « Il est malade et vous allez le tuer. »

Un fonctionnaire a crié : « S’il meurt, j’en prendrai la responsabilité. »

« Faites une déclaration officielle et signez-la de votre nom puisque vous voulez être tenu responsable », ont dit les voisins qui les entouraient.

Les fonctionnaires ont donc renoncé et sont partis. Ils sont revenus le lendemain, ont saisi M. Yang et son père, et les ont enfermés dans les locaux de la municipalité pendant vingt-cinq jours. Le père et le fils ont dû payer 146,7 yuans chacun en frais de nourriture.

Un matin de novembre 2000, M. Yang et sa famille faisaient les exercices de Falun Gong à la maison, lorsque neuf fonctionnaires du gouvernement du bourg ont fait irruption. Sans dire un mot, ils ont traîné M. Yang dans la cuisine et l’ont battu. À un moment, les fonctionnaires ont poursuivi M. Yang à l’extérieur, l’ont maintenu au sol et ont continué à le battre. Son sang a taché le sol, le mur et les vêtements des fonctionnaires. Ses voisins sont sortis pour arrêter le passage à tabac et empêcher les fonctionnaires de l’arrêter. Les fonctionnaires ont saisi ses parents et les ont détenus dans les locaux de la municipalité pendant onze jours, au cours desquels ils ont essayé de forcer les parents et trois autres pratiquants arrêtés à signer une déclaration promettant de ne pas manifester à Pékin.

Le 11 février 2001, M. Yang a accompagné sa mère dans un cimetière pour y pleurer son frère décédé. Les fonctionnaires les ont retrouvés et les ont emmenés dans une petite maison en briques. Ils ont scellé les fenêtres avec des planches de bois, avec l’excuse de les empêcher de se rendre à Pékin pour la troisième fois. La maison n’avait qu’un seul canapé et un pot de charbon pour les maintenir au chaud. Les deux ont failli mourir d’une intoxication au monoxyde de carbone. Ils sont devenus raides et ne pouvaient pas bouger. Une partie du pantalon de Mme Yang a été brûlé par le feu de charbon. Le matin, un fonctionnaire qui leur a apporté le petit-déjeuner les a vus ne pas bouger et a crié. Suite aux cris, Mme Yang s’est réveillée. Cependant, le fonctionnaire a dit aux autres que Mme Yang s’était évanouie pendant qu’elle méditait, qu’elle avait donc pris feu et qu’il avait aidé à éteindre le feu.

M. Yang, sa mère et une autre pratiquante, Mme Yang Xiuying, se sont rendus dans la ville voisine pour sensibiliser le public à la persécution du Falun Gong. Une personne les a signalés aux autorités afin d’obtenir une récompense de 500 yuans par pratiquant. Une dizaine de fonctionnaires du bourg de Wanxi ont emmené les trois pratiquants dans une école secondaire, les ont menottés à un panneau de basket-ball et les ont battus pendant une heure.

Ils ont ensuite menotté M. Yang et Mme Yang Xiuying au panier de basket pour les y suspendre. Les coups et la suspension ont continué jusqu’à ce qu’ils perdent connaissance à cause de la douleur. Cette nuit-là, les fonctionnaires ont placé les trois pratiquants au centre de détention de Baihunao, dans le faubourg d’Anjiang, de la ville d’Hongjiang. Les fonctionnaires ont libéré M. Yang et sa mère après leur avoir extorqué 10 000 yuans. Mme Yang Xiuying est restée détenue pendant quatre mois supplémentaires. En décembre 2001, les autorités l’ont placée dans le camp de travaux forcés de Baimalong, dans la ville de Zhuzhou, dans la province du Hunan, pour y purger une peine de dix-huit mois.

Les fonctionnaires du bourg de Jinxi ont commencé à pénétrer dans les maisons des pratiquants locaux et à les mettre à sac en mai 2002. Ils ont emmené deux des vaches d’élevage de M. Yang, une télévision, deux lecteurs radio et un ventilateur. Les arrestations, les passages à tabac et les détentions incessantes ont forcé M. Yang à quitter son domicile et à travailler dans le bourg de Baofang, dans la province du Hainan (à environ 750 km de là). Les fonctionnaires de sa ville natale l’ont rapidement suivi et ont emmené M. Yang au poste de police local de Baofang. Ils lui ont demandé de se présenter à la police tous les deux jours et ont surveillé ses activités.

M. Yang méditait sur une pelouse à côté de sa maison le matin du 6 septembre 2002. Un policier du poste de police de Baofang est venu et l’a arrêté. Lin Mingqun, le chef adjoint du Département de police de la ville de Wenchang, a ordonné de placer M. Yang sous la garde de la division de la sécurité politique du Département de police. Bien que la police ait affirmé avoir libéré M. Yang, personne n’a eu de nouvelles de lui depuis.

Les notes de l’agent du poste de police de Baofang ayant arrêté M. Yang décrivent l’arrestation du 6 septembre 2002.

La famille de M. Yang s’est rendue à plusieurs reprises au Ddépartement de police de la ville de Wenchang pour le rechercher, mais le chef adjoint Lin les a insultés et menacés.

Le père de M. Yang est décédé et n’a jamais pu voir son fils une dernière fois. Avant de mourir, il a écrit des dizaines de lettres au bureau d’appel du Département de police de la ville de Wenchang. Il n’a reçu qu’une seule lettre de réponse en octobre 2007, disant : « Les choses sont compliquées et nous répondrons dans soixante jours. » La famille n’a jamais eu de nouvelles.

Cela fait vingt ans que M. Yang a disparu. Sa famille continue de le chercher et s’inquiète pour lui. Lorsque la nouvelle du prélèvement systématique d’organes sur des pratiquants encore vivants par le régime communiste chinois a éclaté en mars 2006, l’agonie et le chagrin de sa famille se sont intensifiés.

Au cours des vingt-trois dernières années de persécution, un grand nombre de pratiquants de Falun Gong ont disparu après s’être rendus à Pékin pour protester ou avoir été détenus dans des camps de travaux forcés, des prisons, des centres de détention et des hôpitaux psychiatriques. De nombreux pratiquants ont été arrêtés chez eux, au travail ou dans la rue, et personne n’a eu de nouvelles d’eux depuis. Selon Minghui.org, les cas de disparition s’étendent sur 30 provinces, municipalités et régions autonomes de Chine.

***

Ci-dessous la traduction de la note de la police concernant son arrestation.

Rapport de cas par le Département de police de la ville de Wenchang

À 7 h 30 le 6 septembre 2002 (vendredi), l’agent Wu Chang de notre poste a reçu un appel de Zhong Aijin, la propriétaire de l’étang à poissons de Dapin. Zhong a dit qu’un homme (qui parle mandarin) méditait sur le sol d’une colline voisine. Elle soupçonnait qu’il s’agissait d’un pratiquant de Falun Gong et a demandé que notre poste envoie un agent pour vérifier la situation.

Après avoir reçu l’appel, Wu Chang l’a signalé au directeur Fu Rujin, qui a immédiatement amené un autre agent de sécurité, Yun Changgui, sur les lieux. Zhong, qui a signalé l’affaire, et son mari étaient toujours là. À son arrivée, Fu a parlé au couple, qui a affirmé avoir parlé à l’homme. Celui-ci a seulement dit qu’il venait de Pékin, rien de plus. Ensuite, le directeur Fu et l’agent de sécurité Yun ont emmené cet homme au poste de police de Baofang. Lors de la fouille corporelle, nous n’avons trouvé sur cette personne qu’un guide d’apprentissage du Falun Gong. Le contenu du guide était entièrement copié à la main par lui. Il n’avait aucune pièce d’identité sur lui.

Le directeur Fu a ensuite recherché dans la base de données d’enregistrement des résidents temporaires et des dissidents politiques de la région, mais n’a trouvé personne correspondant au profil de l’homme. Nous avons continué à lui poser des questions. Il a seulement dit qu’il venait de Pékin, sans nous dire son nom et son adresse. Nous lui avons donné de l’eau, mais il a refusé de la boire et a gardé le silence tout le temps.

J’ai ensuite signalé la situation au département politique du Département de police de la ville de Wenchang et demandé des instructions au directeur adjoint Lin Mingqun. Selon l’ordre du directeur Lin, on nous a demandé d’emmener cet homme au Département de police de la ville de Wenchang pour une enquête plus approfondie. Ainsi, nous avons envoyé l’agent Wu et Yun emmener cet homme au bureau d’appel du Département de police un peu après 8 heures du matin. Après avoir pris contact avec des fonctionnaires du département politique du Département de police de la ville de Wenchang, nous leur avons remis l’homme dans le bureau d’appel.

Chargé de l’affaire : Fu Rujin, du poste de police de Baofang

Traduit de l’anglais