(Minghui.org) Le 22 mai 2026, Mme Tang Tianmin, 71 ans, habitant à Luzhou, dans la province du Sichuan, est rentrée chez elle après avoir purgé une peine de quatre ans et demi d’emprisonnement en raison de sa pratique du Falun Gong.

Vers le 20 novembre 2021, Mme Tang, qui vit seule, a tout à coup disparu. Sa famille n’a pas réussi à savoir ce qui lui était arrivé. Ce n’est que lorsque d’autres pratiquantes de Falun Gong libérées de la prison pour femmes de la province du Sichuan (située à Chengdu, la capitale provinciale) ont déclaré l’y avoir vue que sa famille a appris qu’elle avait été illégalement condamnée à une peine de prison.

Après sa libération en mai 2026, Mme Tang a raconté à sa famille qu’elle avait été arrêtée par Li Xiongming et plusieurs autres policiers du poste de police de Yongning. Ils avaient fait irruption chez elle sous prétexte qu’elle devait subir un test de dépistage de la COVID-19. Un policier l’a maintenue de force sur le canapé pendant que les autres ont fouillé entièrement son domicile. Les policiers n’ont présenté aucun mandat de perquisition et ils ne lui ont pas fourni de liste des objets saisis.

Mme Tang a d’abord été placée en quarantaine pendant deux semaines au centre de détention du district de Hejiang, puis transférée au centre de détention de la ville de Luzhou. Un mois plus tard, elle a été conduite devant le tribunal du district de Naxi pour une audience. Auparavant, elle n’a reçu aucun avis du parquet concernant sa mise en accusation et n’a pas eu la possibilité d’engager un avocat.

Au cours du procès, Mme Tang a appris que son « crime » consistait à avoir « remis à trois étudiants une clé USB contenant des informations sur le Falun Gong ». Elle a assuré elle-même sa défense, affirmant qu’elle n’avait enfreint aucune loi en pratiquant sa croyance ou en parlant de celle-ci à d’autres personnes. Le juge l’a accusée d’avoir « commis une nouvelle infraction dans un délai de cinq ans » (elle avait déjà été condamnée à deux reprises pour sa pratique du Falun Gong, en 2012 et 2017) et l’a condamnée à quatre ans et demi de prison, assortis d’une amende de 10 000 yuans.

Avant cette dernière condamnation, Mme Tang avait déjà été envoyée à deux reprises dans des camps de travaux forcés (en 2004 et en 2008) pour une durée totale de trois ans et demi. Elle a ensuite été condamnée à trois ans de prison en 2012, puis à deux ans et demi en 2017. Comme pour sa troisième peine de prison, ces deux condamnations précédentes ont été prononcées en secret. Elle n’a pas été autorisée à bénéficier d’une représentation juridique, et ni elle ni sa famille n’ont été informées de sa mise en accusation et aucun membre de sa famille n’a été autorisé à assister aux audiences.

Lorsqu’elle a été libérée en 2019 après avoir purgé sa deuxième peine de prison, son regard était éteint, ses réactions étaient lentes, son corps tremblait constamment et sa mémoire déclinait. Elle est restée alitée pendant plusieurs mois avant de pouvoir se remettre sur pied.

Après son incarcération en 2021, Mme Tang a de nouveau été soumise à diverses méthodes de torture, notamment l’obligation de rester debout devant un téléviseur pour regarder des vidéos de propagande diffamant le Falun Gong. Elle n’était pas autorisée à utiliser du papier hygiénique et a été forcée de signer des déclarations renonçant au Falun Gong. La détresse psychologique a provoqué des tremblements incontrôlables dans tout son corps. Le médecin de la prison l’a contrainte à prendre des doses de plus en plus élevées de substances psychiatriques, ce qui a aggravé son état et l’a de nouveau rendue incapable de fonctionner normalement.

Lorsque Mme Tang a été libérée le 22 mai 2026, l’administration pénitentiaire lui a interdit d’emporter une copie du jugement, comme lors de ses deux précédentes condamnations. Le tribunal et le parquet ont aussi refusé de lui fournir des photocopies des jugements. Elle se souvenait seulement que le procureur ayant engagé les poursuites s’appelait Luo Wen.

À son retour chez elle, Mme Tang a découvert que le tribunal avait gelé son compte bancaire afin de percevoir l’amende de 10 000 yuans. On ignore pourquoi son compte n’a pas été débloqué après le prélèvement de cette somme.

Persécution financière

Après avoir terminé sa deuxième peine de prison en 2019, Mme Tang a reçu l’ordre du Bureau de la sécurité sociale de rembourser les 60 000 yuans de pension qu’elle avait perçus durant son incarcération. Le Bureau de la sécurité sociale l’a menacée de vendre son appartement ou de la renvoyer en prison si elle ne remboursait pas cette somme.

Ne souhaitant pas voir sa mère emprisonnée de nouveau, la fille de Mme Tang a emprunté 21 000 yuans afin de rembourser une partie de la somme au Bureau de la sécurité sociale et a accepté que le reste soit prélevé directement sur la pension mensuelle de sa mère jusqu’au remboursement complet. Mme Tang ne disposait ainsi plus que de 500 yuans par mois pour vivre. Pendant sa troisième peine de prison, même cette pension mensuelle de 500 yuans a été suspendue.

Voir aussi :

Des pratiquants de Falun Gong du Sichuan font face à une persécution économique

En 2017, sept habitants de la ville de Luzhou condamnés à la prison pour leur croyance

Une pratiquante du Sichuan récemment libérée raconte les tortures brutales en prison

Mme Tang Tianmin sur le point de mourir après une récente séance de lavage de cerveau

(D’autres articles connexes sont disponibles dans la version anglaise.)

Traduit de l’anglais