(Minghui.org) Un homme de la ville de Suining, dans la province du Sichuan, est détenu pour sa pratique du Falun Gong, une discipline spirituelle que le Parti communiste chinois persécute depuis juillet 1999.

Le 6 janvier 2026, à 10 heures du matin, M. Zheng Deliang est rentré chez lui et a trouvé le portail de sa propriété ouvert. Sept policiers en civil l’attendaient. Sa femme était partie rendre visite à leur fils et personne d’autre n’était présent. Les policiers lui ont ordonné d’entrer, mais il a refusé. Ils sont alors entrés chez lui et ont confisqué ses documents d’information sur le Falun Gong, ainsi que le lecteur de musique qu’il utilisait pour ses exercices.

M. Zheng a été menotté et emmené. Le 9 janvier 2026, son épouse a reçu un appel du numéro +86-19183050068. L’appelant prétendait d’être du poste de police de Jiefuqiao et affirmait que son mari avait été placé en détention provisoire au centre de détention de Suining. Elle a ensuite reçu une notification de détention émise par le Département de police du district de Chuanshan, dont dépend le poste de police. Cette notification était datée du 6 janvier. On ignore si la police a émis cette notification avant l’arrestation de M. Zheng. La loi exige qu’une telle notification ne soit émise qu’après l’arrestation d’un suspect.

Ce n’est pas la première fois que M. Zheng est pris pour cible en raison de sa croyance. Lui et son père, M. Zheng Shiyi, également pratiquant de Falun Gong, avaient déjà été arrêtés le 3 février 2015 et condamnés à tort en novembre de la même année. Il avait été condamné à trois ans de prison et son père à trois ans et demi.

Le père et le fils ont été incarcérés à la prison de Jiazhou en mai 2016. M. Zheng Shiyi a été brutalement torturé et a été contraint de prendre des médicaments pour traiter « son hypertension », alors qu’il ne présentait aucun symptôme. À sa libération en mars 2018, sa santé était gravement compromise. Il ne pouvait plus se tenir droit ni lever la tête. Il souffrait également de graves pertes de mémoire, probablement dues aux médicaments. Son état n’a cessé de se détériorer durant ses dernières années. Ses capacités mentales ont fini par chuter au point d’être inférieures à celles d’un enfant en bas âge, et il est finalement devenu totalement invalide.

Malgré son état, la police locale a continué de harceler M. Zheng Shiyi à son domicile à maintes reprises. Ils lui ont fait des prélèvements sanguins forcés et l’ont photographié. Il est décédé le 22 février 2025, à l’âge de 87 ans.

M. Zheng Deliang a également été torturé durant sa détention. Dès son arrivée, la prison a affecté deux détenus à sa surveillance constante. Il a ensuite été transféré à la cinquième division pour effectuer des travaux forcés. Il refusait de porter l’insigne de détenu. Chaque fois qu’on lui demandait de signer un document, il écrivait invariablement : « Zheng Deliang est une bonne personne. »

M. Zheng prenait également la défense des autres pratiquants emprisonnés lorsqu’il les voyait être maltraités par les gardiens ou les autres détenus. Un jour, un gardien a frappé M. Qi Taiquan avec son talkie-walkie, lui laissant une grosse bosse à la tête. M. Zheng et M. Qi ont déposé ensemble une plainte auprès du service de discipline de la prison, mais ils n’ont obtenu aucune réponse. Peu après, Zhang Jian, chef de la cinquième division, a demandé à deux reprises à M. Chen Ming de transmettre à M. Zheng un message : il allait bientôt lui donner une leçon.

Zhang a transféré M. Zheng dans une autre cellule afin qu’il soit « remis à sa place » par le détenu Wang Dong, un homme imposant de 1,80 m. Dès que M. Zheng mentionnait le Falun Gong, Wang le soulevait et le traînait dehors. Une fois, M. Zheng a lu des enseignements du Falun Gong écrits sur un bout de papier et Wang a tenté de le lui arracher. Face à cet échec, Wang a frappé violemment M. Zheng au dos et aux bras.

M. Zheng a remarqué que le pratiquant Luo Xuefang était souvent contraint de marcher pieds nus et lui a donc offert une paire de chaussettes. Un détenu, témoin de la scène, l’a rapporté au gardien Wang Huaijun. Ce dernier a insulté M. Zheng. La nuit suivante, alors que M. Zheng étudiait les enseignements du Falun Gong, le détenu Wang Dong l’a frappé violemment. Il a appuyé sur le bouton d’appel d’urgence et Wang l’a frappé alors violemment aux oreilles, lui infligeant une douleur atroce.

Le lendemain, M. Zheng a rédigé une lettre de plainte détaillant les sévices infligés par le détenu Wang et l’a déposée dans la boîte prévue à cet effet. L’administration pénitentiaire a échangé alors les cellules de M. Zheng et de M. Luo. M. Luo a subi de nouveaux mauvais traitements dans l’ancienne cellule de M. Zheng et est décédé en prison au début d’avril 2020, à l’âge de 67 ans.

Zhang, le chef de division, a ignoré les plaintes répétées déposées par M. Zheng concernant la torture qu’il subissait, ainsi que celles d’autres pratiquants incarcérés. Zhang s’est même vanté : « Je suis la loi ! Ce que je dis est blanc, est blanc, et ce que je dis est noir, est noir ! »

Au début de 2017, Chen, le pratiquant de Falun Gong mentionné précédemment, a été ligoté par ses codétenus. M. Zheng, accompagné de deux autres pratiquants, M. Zhou Guoping et M. Yu (dont le prénom est inconnu), l’a signalé au chef de division Zhang. Ce dernier a enfoncé un objet rond dans la bouche de Zhou Guoping, puis l’a frappé violemment au visage, lui cassant deux dents.

Le 25 mai 2017, vers 7 heures du matin, M. Zheng a aperçu M. Zhou et M. Chen en train d’être torturés. Il l’a signalé au gardien Xiong, qui l’a alors frappé dans le dos. On a également entendu Xiong s’exclamer : « Je suis en train de frapper un prisonnier politique ! »

M. Zheng a alors entamé une grève de la faim de deux jours pour protester. Il a été libéré le 3 février 2018.

Voir aussi :

Un homme du Sichuan condamné à trois ans et demi de prison meurt dix ans plus tard à l’âge de 87 ans

Des pratiquants de Falun Gong torturés dans la prison de Jiazhou dans la province du Sichuan, deux sont décédés

Traduit de l’anglais