(Minghui.org) Une habitante de la ville de Jiamusi, dans la province du Heilongjiang, poursuit en justice un juge pour l’avoir illégalement condamnée parce qu’elle pratique le Falun Gong. Elle exige l’annulation de la décision de condamnation et un nouveau procès.

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est une discipline spirituelle que le régime communiste chinois persécute depuis 1999.

Mme Liu Lijie a fait valoir que le juge Song Tao, président du tribunal chargé de l’affaire, a refusé de modifier la date de l’audience pour tenir compte du conflit d’horaire de son avocat, malgré les demandes répétées de ce dernier. Alors que Song a par la suite invalidé l’audience en raison de l’absence de l’avocat et a fixé une autre audience, il n’a pas établi un nouveau jury collégial comme l’exige la loi. Mme Liu et son avocat ont décidé que ce dernier n’allait pas assister à l’audience reportée, afin de protester contre la violation de la procédure légale par le juge. Le 17 novembre 2021, un jour après l’audience reportée, Mme Liu a été condamnée à une peine de trois ans et demi de prison.

Mme Liu Lijie

Une condamnation injuste

Le 14 octobre 2020, Mme Liu Lijie, une ancienne enseignante de 51 ans, a été arrêtée alors qu’elle rendait visite à une autre pratiquante. Après qu’elle a été remise en liberté sous caution pour des raisons de santé, la police l’a harcelée sans cesse.

Le tribunal du district de Xiangyang avait initialement programmé l’audience de Mme Liu le 24 septembre 2021, mais l’avait ensuite reportée au 28 septembre, mais cette dernière date a de nouveau été annulée. Pendant la procédure, le juge Song a empêché à plusieurs reprises le défenseur non professionnel de Mme Liu de la représenter devant la cour.

Lorsque l’avocat de Mme Liu a informé le tribunal qu’il avait un conflit de date avec la nouvelle audience du 12 octobre, le juge Song a rejeté sa demande de changement de date et a désigné un autre avocat pour représenter Mme Liu.

Lors de l’audience du 12 octobre, Mme Liu a renvoyé l’avocat commis d’office par le tribunal, qui avait eu pour instruction de plaider coupable pour elle. Elle n’a cessé de demander au juge Song que l’audience soit ajournée et renvoyée à une date ultérieure pour permettre à son avocat d’y assister, mais Song a quand même poursuivi la séance.

Le 4 novembre, le chef de la police est arrivé avec l’agent chargé de surveiller Mme Liu et lui a dit que le juge Song l’avait convoquée au tribunal pour répondre à quelques questions.

Ils lui ont aussi transmis le message du juge Song dans lequel il admettait maintenant que l’audience du 12 octobre était invalide, car l’avocat de Mme Liu n’était pas présent. Il a dit qu’il avait organisé une autre audience pour le 16 novembre et qu’elle pouvait demander à son avocat d’y assister.

Après avoir discuté de la question avec Mme Liu, l’avocat a accepté de ne pas assister à l’audience, car le juge Song avait violé la procédure légale depuis le début et qu’il n’y avait pas grand intérêt pour lui à assister à la séance reprogrammée. Il allait plutôt passer par d’autres canaux pour demander justice pour elle.

Lors de l’audience du 16 novembre, Mme Liu est restée muette pendant toute la séance, moyen de protester contre la persécution. Song a menacé de lui donner une peine plus lourde si elle ne voulait pas coopérer avec eux.

Le lendemain de l’audience, Song a prononcé une peine de trois ans et demi de prison à l’encontre de Mme Liu pour avoir « sapé l’application de la loi avec une organisation sectaire », le prétexte standard utilisé par le régime communiste chinois pour piéger les pratiquants de Falun Gong. Mme Liu a fait appel du verdict.

Le 29 novembre 2021, le défenseur de la famille de Mme Liu et les avocats Wang Quanzhang et Bao Longjun se sont rendus à la Commission d’inspection et de supervision de la discipline de la ville de Jiamusi, au parquet du district de Xiangyang, à la cour intermédiaire de la ville de Jiamusi, au parquet de la ville de Jiamusi et au congrès populaire de la ville de Jiamusi afin de déposer leurs plaintes contre le juge Song et l’avis juridique pour annuler le verdict contre Mme Liu. Ils ont aussi demandé aux autorités d’enquêter sur le fait que Song a bloqué la représentation juridique de Mme Liu auprès du tribunal.

La réceptionniste du parquet du district de Xiangyang a accepté les documents et a aussi demandé une copie de l’acte d’accusation de Mme Liu.

Lorsqu’ils se sont rendus au parquet de la ville de Jiamusi, Gao Tianyi, un membre du personnel qui leur a parlé, a été très impoli et a refusé d’accepter la plainte, sous prétexte que ce n’est pas son travail de faire une enquête sur le juge. Au lieu de cela, il a dirigé les avocats vers la Commission d’inspection et de supervision de la discipline de la ville.

Les avocats ont dit à Gao que c’est de la compétence du parquet, en particulier du parquet au niveau municipal, de superviser l’ensemble du processus de poursuite et d’enquêter sur toute malversation de la part des membres du personnel judiciaire. Gao a refusé d’écouter et a quitté son bureau. Lorsqu’il est revenu quelques instants plus tard, il s’est moqué des avocats qui l’attendaient toujours. Les avocats lui ont demandé son numéro d’identification. Gao a répondu avec arrogance : « Je suis Gao Tianyi. Allez-y, vous pouvez déposer une plainte contre moi. » Par la suite, les avocats ont effectivement déposé des plaintes contre lui auprès de diverses agences aux niveaux local, provincial et central.

Ensuite, les avocats se sont rendus à la cour intermédiaire de la ville de Jiamusi. Les gardes chargés de la sécurité les ont empêchés d’entrer, sous prétexte qu’ils venaient de l’extérieur du faubourg, et qu’il y avait un risque qu’ils soient porteurs du coronavirus. Les avocats ont appelé Guo Jianfeng, le président de la cour pénale, pour se plaindre de la situation. Guo a répondu que le tribunal inférieur ne leur avait pas fourni le dossier et qu’ils n’avaient donc aucune information à communiquer aux avocats.

Les avocats sont ensuite rendus au congrès populaire de la ville de Jiamusi. Le directeur Zhang du bureau de l’inspection judiciaire les a reçus. Après un bref entretien sur la situation, Zhang a appelé Song devant eux afin de vérifier l’affaire. Les avocats ont dit qu’ils pouvaient entendre Song se défendre lors de la communication téléphonique. Ils ont quitté le bureau sans avoir fait de progrès.

Le dernier arrêt des avocats était auprès de la Commission d’inspection et de supervision de la discipline de la ville de Jiamusi. Ils y ont attendu longtemps, mais personne n’est venu les recevoir.

Lorsque, le lendemain, les avocats sont retournés à la commission, les membres du personnel n’ont autorisé l'entrée de leur bureau qu’aux avocats Wang et Bao, et ont bloqué l’entrée à Wang Yu alors qu’il neigeait beaucoup et que la température extérieure était de -15 °C. Wang Yu a demandé à attendre dans le hall d’entrée, mais a été chassée par le garde de la sécurité, qui a affirmé qu’elle n’était pas qualifiée.

Lorsque Wang a essayé d’entamer une discussion avec eux, le personnel de sécurité l’a signalée à la police. Trois agents de police sont arrivés et ont saisi son téléphone. Ils ont placé Wang Yu, Wang Quanzhang et Bao Longjun dans trois véhicules différents et les ont conduits au poste de police de Changqing. Ils ont tous les trois été accusés de « semer le trouble » et de représenter une pratiquante de Falun Gong. La police les a interrogés dans des pièces différentes. Ils ont tous refusé de signer les documents. La police leur a confisqué les documents du dossier de Mme Liu et les a avisés de ne pas s’impliquer dans des « questions politiques ». Trois heures plus tard, ils ont été relâchés.

L’un des avocats de Mme Liu a dit : « La persécution du Falun Gong et les efforts des pratiquants contre la persécution pendant les vingt dernières années sont devenus un problème de plus en plus universel et mondial. Il ne s’agit plus seulement de certains individus ou de certains groupes. Il s’agit de la vie et de la dignité de chaque citoyen, de la façon dont chaque personne choisit sa position, et de la dignité et du futur de toute l’humanité. C’est une bataille entre la paix et la violence, la civilisation et la barbarie, la liberté et la tyrannie, la justice et la perversité. Personne ne peut rester en dehors de cette bataille. »

Informations sur les responsables de la persécution :

Song Tao (宋涛), juge, tribunal du district de Xiangyang : +86-454-6210031, +86-18903687999, +86-13512645666

Li Lifeng (李利锋), procureur auprès du parquet du district de Xiangyang : +86-13846169281, +86-18697098055

Zhu Changchun (朱长春), chef du parquet de la ville de Jiamusi : +86-454-8288259, +86-13030023900

Li Xiuyan (李岫岩), président de la cour intermédiaire de la ville de Jiamusi : +86-15645866001, +86-454-8620300

(Plus d’informations sur les responsables de la persécution sont disponibles dans l’article original en chinois)

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Traduit de l’anglais