(Minghui.org) Le 28 novembre 2002, des policiers ont fait irruption dans un appartement de la ville de Daqing, province du Heilongjiang, où ils ont arrêté six pratiquants de Falun Gong. Le lendemain, Mme Ye Lianping était torturée à mort. M. Wang Kemin, qui s’est échappé de sa garde à vue, a également été torturé à mort après avoir été à nouveau arrêté quelques mois plus tard. M. Wang Yongqiang, qui avait été condamné à quinze ans de prison, est mort sous la torture après onze ans de prison.

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est une discipline spirituelle que le régime communiste chinois persécute depuis 1999.

En 2002, trois personnes habitant la ville de Mudanjiang, province du Heilongjiang, Mme Ye Lianping, alors âgée de 30 ans, Mme Dong Shuyan, alors trentenaire, et M. Wang Yongqiang, alors âgé de 55 ans, ont été contraints de se déplacer afin d’éviter la persécution. Ils se sont rendus à Daqing et ont séjourné dans l’appartement loué par M. Wang et qui était situé dans la pièce 301 du bâtiment 1-3, rue Zhonglin, district de Sartu. Trois autres pratiquants, M. Wen, alors âgé de 39 ans, de la ville de Hailun, M. Wang Kemin, alors âgé de 37 ans, de Daqing, et Mme « Petite fille » (nom réel inconnu), alors âgée de 21 ans, ont également séjourné au même endroit.

Le 28 novembre 2002, des policiers du Bureau de la sécurité intérieure de Daqing et du département de police du district de Sartu ont fait irruption dans l’appartement et ont arrêté Mme Ye, Mme Dong et Mme « Petite fille ». Lorsque M. Wang Yongqiang est revenu après avoir acheté un matelas pour les pratiquants, la police était encore en train de saccager l’endroit. Pour éviter d’être arrêté, il a sauté du troisième étage et s’est cassé le dos et les jambes. Il a été lui aussi arrêté.

Après la descente, la police est restée dans l’appartement et a arrêté M. Wen à 13 heures et M. Wang Kemin à 17 heures, lors de leur retour respectif.

M. Wen a été ramené dans la ville de Hailun dans la soirée et a ensuite écopé de deux ans de travaux forcés.

M. Wang Kemin a été emmené au poste de police de Fuqiang et battu. Il est resté à Daqing et s’est ensuite échappé de l’hôpital de la police. Il a été arrêté à nouveau quelques mois plus tard et il est mort le même jour.

Les trois pratiquantes ont été emmenées au poste de police de Zhonglinjie et battues. Mme « Petite fille » s’est alors évanouie. Le lendemain, les trois femmes et M. Wang Yongqiang ont été ramenés dans la ville de Mudanjiang dans une jeep de la police. Les policiers ont menotté étroitement les mains de Mme Ye et de Mme Dong et ont suspendu leurs poignets au plafond de la jeep. Dans l’espace étroit de la voiture, elles ne pouvaient ni se tenir debout ni s’asseoir.

Mme Ye est morte le jour même où elle a été ramenée à Mudanjiang, tandis que M. Wang Yongqiang est décédé après avoir purgé une peine de dix ans de prison.

Ci-dessous, vous trouverez les comptes rendus détaillés concernant chaque pratiquant.

Mme Ye Lianping

Mme Ye était une créatrice de mode professionnelle. En 2001, elle a été placée pendant un an au centre de réadaptation pour femmes toxicomanes de Harbin (également connu sous le nom de camp de travaux forcés de Harbin). Les gardiens du camp de travail ont utilisé le lavage de cerveau et la coercition pour tenter de la forcer à renoncer au Falun Gong, mais elle n’a pas bronché.

Après la libération de Mme Ye, la police a tenté de l’arrêter à nouveau et l’a inscrite sur la liste des personnes recherchées. Lorsqu’elle vivait loin de chez elle pour se cacher de la police, Li Fu, le chef du Bureau de la sécurité intérieure de Mudanjiang, a menacé de la battre à mort si elle était à nouveau arrêtée.

Le 28 novembre, après la dernière arrestation de Mme Ye, la police lui a versé deux bouteilles d’huile de wasabi dans le nez et lui a couvert la tête avec un sac en plastique. Elle s’est étouffée et a suffoqué. Les policiers se sont relayés pour la frapper au visage. Elle a également été menottée, une main tirée par-dessus son épaule pour rejoindre l’autre main tirée derrière son dos. Son corps était couvert d’ecchymoses et de blessures. Le lendemain, elle rendait l’âme sous la torture. Elle a laissé derrière elle une fille de sept ans. Les policiers Qiao Ping et Li Fu sont responsables de sa mort.

M. Wang Kemin

Depuis le début de la persécution en 1999, M. Wang Kemin, ancien professeur de géographie au collège no 65 de la ville de Daqing, a été arrêté, détenu et torturé à plusieurs reprises.

M. Wang Kemin

Il a été arrêté une première fois en juillet 1999, pour s’être rendu à Pékin afin de faire appel en faveur du Falun Gong et a été détenu pendant trois jours dans un centre de lavage de cerveau organisé par son école. Il a été à nouveau détenu en octobre 1999 pendant quinze jours et emmené dans un centre de lavage de cerveau.

Le 27 février 2000, M. Wang s’est rendu une nouvelle fois à Pékin, et a été détenu pendant quarante-cinq jours. Deux sessions de lavage de cerveau ont été organisées par l’école en mai et en juillet auxquelles il a dû assister, et on lui a ordonné d’écrire des déclarations pour dénoncer le Falun Gong et y renoncer. Lorsqu’il a refusé d’obtempérer, la police l’a de nouveau arrêté en août et l’a placé en détention pendant quarante-cinq jours. Le 27 septembre, il a été condamné à un an de prison au camp de travaux forcés de Daqing.

En septembre 2001, Wang Shuxiang, le secrétaire du Parti du collège, a signalé M. Wang parce qu’il avait présenté un DVD sur le Falun Gong à ses collègues. Il s’est caché et a été à nouveau arrêté le 15 janvier 2002, alors qu’il distribuait des documents sur le Falun Gong dans un village. La police l’a forcé à s’asseoir sur une chaise métallique, puis l’a menotté et enchaîné. Pour le forcer à fournir des informations sur d’autres pratiquants, ils lui ont couvert la tête de sacs en plastique, lui ont versé de l’eau épicée dans les yeux, l’ont étranglé avec une chaise et ont donné des coups de pied dans ses menottes. Sous les coups, son nez s’est cassé. M. Wang a fait une grève de la faim pendant un mois. Lorsqu’il a été hospitalisé pour être réanimé, il s’est échappé.

Photos prises par M. Wang après s’être enfui de l’hôpital.

Après l’arrestation de M. Wang le 28 novembre 2002, la police l’a assommé et l’a emmené au poste de police de Fuqiang. Suspectant qu’il était un habitant de Mudanjiang, la police de Mudanjiang a demandé à l’emmener là-bas, mais la police de Daqing a refusé, affirmant qu’elle devait avoir à son actif l’arrestation de M. Wang. Les policiers des deux régions se sont disputés pendant une demi-heure et ont conclu un accord pour que M. Wang reste à Daqing.

Le jour même de son arrestation, M. Wang a été interrogé au centre de détention du district de Sartu par Sui, le chef du Bureau de la sécurité intérieure du district de Sartu. Comme il refusait de répondre aux questions, deux policiers l’ont poussé au sol et l’ont battu. Son œil gauche saignait et son corps était couvert d’ecchymoses.

Le lendemain, la police a formé une équipe spéciale pour s’occuper de son cas. Ils l’ont torturé et interrogé 24 heures sur 24. Ils lui ont enlevé ses vêtements et l’ont menotté à une chaise métallique. Puis ils ont ouvert une fenêtre et l’ont arrosé avec de la neige et de l’eau froide. Les policiers ont également tiré une serviette contre son menton et ont failli lui briser le cou. Parfois, ils lui donnaient des coups de pied dans les mains menottées ou tiraient sur la menotte, provoquant une douleur atroce.

Pendant les six jours de torture ininterrompue, M. Wang n’a reçu qu’un ou deux repas. Il a subi de graves blessures sur tout le corps et était très faible. Lorsqu’il a été emmené dans une cellule ordinaire, ses jambes étaient tellement enflées qu’il ne pouvait pas enlever son pantalon. Son mollet était noir et bleu. Il était incapable de marcher ou d’utiliser ses mains. Même un mois plus tard, il ne pouvait toujours pas bouger le poignet droit.

En raison de l’environnement sale et humide, il a contracté la gale. Son corps, ses yeux et son visage sont devenus olivâtres. La police l’a ensuite emmené au centre de détention de Longfeng, qui a refusé de l’accepter en raison de son état. Après qu’il a reçu un diagnostic d’hépatite, la police a décidé de le libérer sous caution et, le 14 décembre 2002, elle a demandé à son école et au poste de police local de venir le chercher.

Les personnes de son école et du poste de police local ne sont arrivées que vers 19 heures. Le policier Zhang Zhonghua a essayé de forcer M. Wang à écrire une déclaration de renoncement au Falun Gong, mais il a refusé d’obtempérer. Ils ont finalement accepté de l’emmener à l’hôpital no 2 de la ville de Daqing pour qu’il reçoive un traitement.

Pendant que M. Wang était à l’hôpital, le procureur l’a interrogé à deux reprises. Le procureur a dit que le régime communiste était trop indulgent à son égard en le libérant deux fois sous caution.

Les autorités ont menti à la mère de M. Wang en lui disant que dès qu’il rédigerait la déclaration pour renoncer au Falun Gong, elles le libéreraient et lui trouveraient un emploi. Entre-temps, elles ont approuvé son arrestation et prévu de le condamner. Un haut fonctionnaire a affirmé que si M. Wang faisait une grève de la faim, il serait torturé à mort. Le fonctionnaire a aussi menacé de faire feu sur lui s’il s’échappait de sa garde à vue. Les autorités ont également emmené M. Wang au camp de travaux forcés de Daqing pour une séance de lavage de cerveau, mais il n’a pas cédé.

Mi-janvier 2003, M. Wang a réussi à s’échapper de l’hôpital. Avant cela, le tribunal local avait fixé une audience pour le 27 janvier 2003. En représailles, la police a arrêté sa mère et sa tante et les a gardées au poste de police pendant 48 heures. Afin de retrouver M. Wang, ils ont fouillé tous les domiciles des pratiquants locaux, ainsi que de la ville natale de M. Wang dans le district de Kedong. Ils ont sommé toute personne qui arrêterait M. Wang de le tuer sans en demander l’autorisation.

Le 7 mai 2003, M. Wang a été arrêté à nouveau avec trois autres pratiquants. Il est mort dans la soirée. Son corps a été incinéré quatre jours plus tard, et la police a strictement censuré toute information sur sa mort. Alors que la police a déclaré à sa famille qu’il avait fait une chute mortelle du cinquième étage d’un immeuble, celle-ci soupçonne qu’il a été torturé à mort.

M. Wang avec sa mère et son fils

M. Wang Yongqiang

M. Wang Yongqiang, originaire de la ville de Mudanjiang, a été arrêté à Daqing en 2000 alors qu’il vivait loin de chez lui pour éviter les persécutions. Il a été placé pendant un an dans le camp de travaux forcés de Daqing, où il a été constamment battu et agressé verbalement par les gardiens, car il refusait de renoncer au Falun Gong. En février 2001, il a tenté d’empêcher le gardien Wang Xichun de calomnier le Falun Gong, mais sa peine a été prolongée. Un mois plus tard, il a fait une grève de la faim pour protester contre la persécution et a été attaché dans une position insoutenable.

Reconstitution de torture : Attaché dans une position insoutenable

Après sa libération, M. Wang est retourné à Mudanjiang. Début 2002, la police a tenté de l’arrêter à nouveau. Pour éviter les persécutions, il a déménagé à Daqing et a loué un appartement. Il a gagné sa vie en conduisant un taxi.

En octobre 2002, la police l’a retrouvé après avoir interrogé un autre pratiquant à Mudanjiang. Ils ont essayé de le tromper pour qu’il retourne à Mudanjiang en disant qu’il devait un loyer à son propriétaire. M. Wang a évité la ruse, car il ne louait aucune propriété à Mudanjiang.

Après sa dernière arrestation, le 28 novembre 2002, Li Xuejun, du Bureau de la sécurité intérieure de Mudanjiang, a soumis son cas au parquet. M. Wang a ensuite été condamné à quinze ans de prison et emmené à la prison de Jianshanzi à Mudanjiang en 2003. Les gardiens l’ont privé de tous ses droits et l’ont constamment battu, afin de le forcer à renoncer au Falun Gong. Lorsqu’il a refusé d’obtempérer, ils l’ont privé de sommeil, l’ont gavé d’eau salée et l’ont attaché avec du ruban adhésif. En hiver, ils le dépouillaient de ses vêtements, lui versaient de l’eau froide dessus ou le laissaient dehors lorsque la température était bien au-dessous de zéro.

M. Wang a eu un accident vasculaire cérébral et est décédé en juin 2012. Il était sexagénaire.

Mme Dong Shuyan et Mme « Petite fille »

Mme Dong et Mme « Petite fille » ont également été battues et interrogées après avoir été ramenées à Mudanjiang le 28 novembre 2002. Mesurant environ 1,80 m, Mme « Petite fille » a été jetée au sol et a été incapable de se relever.

Le soir du 29 novembre, peu après que Mme Ye a été battue à mort, Mme « Petite fille » a été emmenée au centre de détention no 1 de Mudanjiang. Elle a fait une grève de la faim et a été gavée. Les gardiens l’ont placée sur le sol en béton et lui ont donné des coups de pied. Ils ont également enchaîné ses pieds à un anneau fixé au sol. En raison de la torture, elle s’est évanouie à plusieurs reprises. Après huit jours au centre de détention, elle a été transférée à l’hôpital de la police pour une durée de treize jours. La police a pris les 1000 yuans qu’elle possédait.

Le policier Qiao Ping a frappé Mme Dong avec un balai, provoquant des spasmes sur son visage, puis une perte de sensibilité. Son corps était également couvert de blessures. Après avoir été emmenée au centre de détention des chemins de fer, elle a fait une grève de la faim pour protester contre la persécution et la police l’a battue et frappée à coups de pied.

Début décembre 2002, Mme Dong a été emmenée au centre de détention no 2 de la ville de Mudanjiang, où elle a poursuivi sa grève de la faim. Les gardiens l’ont gavée avec du lait contenant une quantité excessive de sel. Elle a également été enchaînée et tous les jours elle était soumise à des interrogatoires et des humiliations.

Au cours d’un interrogatoire, Wang Wei, du poste de police de Xi’an, a violemment battu Mme Dong. Quand elle s’est évanouie, il a déboutonné ses vêtements et touché ses seins. Il est revenu le lendemain pour l’interroger. Comme la famille de Mme Dong se rendait chaque jour au poste de police pour exiger sa libération, mi-décembre 2002, Mme Dong a été libérée au seuil de la mort.

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Traduit de l’anglais