(Minghui.org) Un habitant de la ville de Dehui, province du Jilin, a été arrêté le 8 juillet 2023 pour sa pratique du Falun Gong. Le Bureau de la sécurité intérieure de la ville de Dehui a soumis à deux reprises le dossier de M. Zhao Jinmin au parquet de la ville de Dehui, qui l’a chaque fois renvoyé invoquant une insuffisance de preuves. Minghui.org a récemment confirmé que M. Zhao avait été condamné à une peine d’un an et demi, mais on ne connaît pas les détails de son inculpation, de son procès et de sa condamnation.

Ce n’est pas la première fois que M. Zhao, ancien directeur d’un dépôt de céréales, est pris pour cible depuis que le Parti communiste chinois a ordonné en 1999 la persécution du Falun Gong, une discipline méditative et spirituelle ancestrale. Il avait déjà été arrêté à plusieurs reprises et condamné à trois peines de camp de travail. Son épouse, Mme Ma Jinghuan, qui pratique également le Falun Gong, a été arrêtée à deux reprises en même temps que lui. Elle a développé une maladie physique à cause de la pression mentale exercée par la persécution et est décédée au cours de l’hiver 2022.

Vous trouverez ci-dessous le récit de M. Zhao sur la persécution qu’il a subie auparavant.

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Le harcèlement

Le 22 juillet 1999, deux jours après le début de la persécution, je me suis rendu au gouvernement provincial du Jilin pour demander le droit de pratiquer le Falun Gong. J’ai été arrêté et emmené dans une école primaire de la banlieue. Pendant les huit heures qu’a duré ma détention, la police m’a battu et donné des coups de pied. Un livre de Falun Gong que j’avais sur moi a été confisqué.

Sachant que j’étais coordinateur bénévole des pratiquants locaux, la police et les membres du comité du Parti communiste m’ont souvent harcelé chez moi, exigeant que je rende mes livres de Falun Gong et mes cassettes vidéo et audio. Ils m’ont également ordonné de rédiger des déclarations de renoncement et de dénigrer le Falun Gong. Ma famille et moi-même avons vécu dans une peur énorme. Les policiers Zhang Yongchen et Zhang Yede m’ont extorqué 2000 yuans et ne m’ont rendu que 1500 yuans par la suite.

Camp de travail d’un an

J’ai été arrêté le 26 septembre 1999 et emmené au centre de détention de la ville de Dehui pendant quinze jours. Liu Wenchao et deux autres policiers m’ont torturé : ils m’ont marché sur les orteils avec les talons de leurs chaussures en cuir, m’ont déshabillé, m’ont fouetté avec des ceintures en cuir, ont placé des douilles de balles entre mes doigts et m’ont ensuite serré les doigts.

Sur ordre de Yu Xiaozhou, le secrétaire du Parti, j’ai passé un an au camp de travaux forcés de Yinmahe. J’ai été contraint à des travaux intensifs et durs, sans salaire, tous les jours. Inquiète pour ma santé, ma famille a soudoyé les fonctionnaires. J’ai été libéré quatre mois plus tard et autorisé à purger le reste de ma peine à la maison.

Nouvelles arrestations et deuxième séjour en camp de travail

J’ai été arrêté le 2 mars 2000 par des agents du poste de police de Yangshu sur ordre de Sheng Shizhong, secrétaire politique du Département de police de la ville de Dehui, et de Zhang Qingchun, chef du Bureau de la sécurité intérieure de la ville de Dehui. J’ai été autorisé à rentrer chez moi dans la soirée, mais j’ai été arrêté à nouveau le lendemain et détenu pendant vingt jours.

J’ai été arrêté une nouvelle fois à la mi-avril 2001 et détenu pendant quinze jours dans un centre de lavage de cerveau hébergé par le Bureau 610 de la ville de Dehui.

Des agents du poste de police de la rue Zhengyang m’ont arrêté alors que je marchais dans la rue le 28 mai 2001. Ils ont confisqué mes documents de Falun Gong, mon téléphone portable et plus de 500 yuans en liquide. Au poste de police, j’ai été giflé, enfermé dans une cage métallique et frappé sur les côtes et les aisselles. L’agent Wang Peiguo a couvert ma tête d’un sac en plastique à plusieurs reprises pour m’étouffer. Le lendemain, j’ai été emmené au premier centre de détention de la ville de Changchun, où j’ai passé plus d’un mois. Les gardiens Wang et Wan Dexue m’ont battu à plusieurs reprises, essayant de me forcer à révéler des informations sur d’autres pratiquants et sur l’endroit où j’avais obtenu les documents de Falun Gong. J’ai refusé d’obtempérer et j’ai été condamné à une peine de deux ans au camp de travaux forcés de Chaoyanggou.

Le camp de travail était un véritable enfer sur terre. Nous étions étroitement surveillés par les détenus et nous n’étions pas autorisés à parler à d’autres pratiquants de Falun Gong. Nos activités quotidiennes étaient strictement contrôlées, notamment la quantité d’eau que nous pouvions boire et le moment où nous pouvions le faire, le moment et la fréquence auxquels nous pouvions aller aux toilettes, ou encore le moment et la durée de notre sommeil nocturne.

Pendant tout le mois d’août 2001, plus de trente personnes de la première équipe où j’ai été détenu n’ont pas été autorisées à se laver le visage. Seuls les détenus principaux avaient le privilège de se laver. En septembre et octobre, nous avons été contraints de prendre nos trois repas dans les toilettes partagées par trois équipes. Souvent, il y avait quelqu’un qui utilisait les toilettes pendant nos repas. À quelques reprises, pendant la coupure d’eau, nous avons dû prendre nos repas dans les toilettes qui dégageaient une odeur nauséabonde.

Un jour de septembre 2001, les gardiens Wang Kai et Li Jun ont trouvé des copies imprimées de conférences de Falun Gong dans mon lit. Ils m’ont menotté les mains à la barre supérieure du lit superposé, mes orteils touchant à peine le sol. Li m’a infligé des décharges électriques à l’aide d’une matraque électrique, tandis qu’un détenu versait de l’eau sous mes pieds pour intensifier les décharges électriques. Wang m’a frappé la tête et le visage avec un tube en caoutchouc. Lorsque le tube s’est cassé, il m’a frappé avec une ceinture en cuir. Estimant que ce n’était pas suffisant, il a trouvé une chaussure dure avec une semelle en caoutchouc et a continué à me frapper, principalement sur la tête et le visage, jusqu’à ce qu’il s’épuise lui-même deux heures plus tard. Comme j’étais toujours convaincu du bien-fondé du Falun Gong, il a enroulé des câbles dans un faisceau et m’a frappé les jambes. Il s’est finalement arrêté lorsque son corps entier ne pouvait pas arrêter de trembler sous l’effet de la fatigue. À ce moment-là, mon visage était couvert de sang et très enflé. Mon corps était également couvert de blessures et d’ecchymoses.

Lors d’une campagne menée en septembre 2002 pour forcer les pratiquants de Falun Gong à céder, le gardien Gu Li m’a frappé le dos, les fesses et les jambes avec un bâton en bois dur de plus d’un mètre de long. Par la suite, j’ai été incapable de me tenir debout, de marcher ou de dormir sur le dos.

Gu et quelques autres gardiens nous ont forcés, moi et un autre pratiquant, M. Wang Yong, à rester debout sous des robinets pendant plus de quarante minutes, un jour de novembre 2002. Nous avions tellement froid que nos corps ne pouvaient s’empêcher de trembler.

Toujours en novembre 2002, tous les pratiquants de Falun Gong détenus dans le camp de travail ont été rassemblés à la clinique et ont subi des prélèvements sanguins. Les gardiens ont précisé qu’ils ne voulaient prélever des échantillons de sang que sur les pratiquants de Falun Gong, et non sur les autres détenus. Aucun d’entre nous ne savait ce qui se passait. Ce n’est que lorsque le crime des prélèvements forcés d’organes a été révélé en 2006 que nous avons réalisé que les autorités étaient en train de constituer une banque d’organes avec nos données biologiques.

Après l’expiration de ma peine de deux ans, j’ai été détenu dans le camp de travail pendant quinze jours supplémentaires. Voyant que je n’avais toujours pas renoncé au Falun Gong, le Bureau 610 de la ville de Dehui m’a emmené au centre de lavage de cerveau de Xinglongshan, dans la ville de Changchun, pendant quinze jours supplémentaires, avant de me libérer.

Troisième période de camp de travail

Zhang Qingchun, du Bureau de la sécurité intérieure de la ville de Dehui, Wu Demin, du poste de police de Yangshu, et quelques autres personnes ont frappé à ma porte à 23 h 30 le 28 septembre 2004. Lorsque j’ai refusé d’ouvrir la porte, ils sont entrés par effraction et nous ont arrêtés, ma femme et moi. La police m’a emmené deux fois au camp de travail, mais mon admission a été refusée chaque fois en raison de mon état de santé. En fin de compte, la police m’a tout de même condamné à un an de travaux forcés et m’a permis de purger ma peine à la maison. L’agent de police Bai Yadong m’a extorqué 2000 yuans.

Un autre cas de mise à sac de domicile

Plus de dix agents du poste de police de Yangshu, Lou Xingyan du Bureau de la sécurité intérieure de la ville de Dehui et deux agents de la ville de Liaoyuan, dans la province du Jilin, ont fait irruption chez moi le 4 juillet 2012. Ils ont confisqué mes livres de Falun Gong, un portrait du fondateur du Falun Gong, des documents d’information, un lecteur DVD, deux lecteurs MP3, trois téléphones portables et un sac à main.

Traduit de l’anglais