(Minghui.org) Une femme de Changchun, dans la province du Jilin, a été secrètement jugée lors d’une audience de dix minutes, sans représentation légale, et condamnée à une peine de trois ans pour sa pratique du Falun Gong. Également connu sous le nom de Falun Dafa, le Falun Gong est une discipline méditative et spirituelle ancestrale que le régime communiste chinois persécute depuis 1999.

Arrêtée et inculpée

Mme Zhang Guixiang, une ancienne employée de 58 ans de la société d’importation et d’exportation d’automobiles de Changchun, a été arrêtée chez elle le 20 octobre 2020 au matin. La police a saccagé son domicile et confisqué tout ce qu’elle possédait en rapport avec le Falun Gong.

Après l’avoir emmenée, la police n’a fourni aucune information sur le statut de Mme Zhang. Lorsque les membres de sa famille ont réussi à découvrir qu’elle se trouvait au centre de détention de Weizigou, les gardes ne les ont pas laissés lui rendre visite ni leur ont permis de lui envoyer des produits de première nécessité. Ils les ont seulement autorisés à faire un dépôt d’argent pour qu’elle puisse acheter des choses à l’intérieur du centre.

La police a ensuite indiqué à sa famille que l’arrestation avait pour but de respecter un quota et qu’elle la libérerait dans les dix jours. À l’expiration du délai de dix jours, la police a refusé de la libérer et l’a transférée au centre de détention no 4 de Changchun.

La police a ensuite présenté l’affaire de Mme Zhang au parquet du district de Chaoyang. Sa famille a appris par le procureur Liu Yang, le 24 février 2021, qu’elle avait été mise en examen et que son dossier avait été transmis au tribunal du district de Chaoyang le 5 février. Le juge Qu Dong a été chargé de l’affaire.

L’avocat empêché de représenter sa cliente

Lorsque l’avocat de Mme Zhang, Me Xie Yanyi, s’est rendu au tribunal en mars pour présenter sa procuration, le juge Qu a refusé de l’accepter, affirmant qu’aucun avocat en dehors de la province n’était autorisé à défendre les pratiquants de Falun Gong du Jilin.

Sa famille s’est rendue avec l’avocat Xie au tribunal du district de Chaoyang le 4 juin et a déposé une plainte contre le juge Qu pour avoir empêché l’avocat de représenter Mme Zhang. Ils ont également déposé des plaintes similaires auprès du parquet de la province du Jilin et du parquet du district de Chaoyang. Tous deux ont répondu qu’il était de leur responsabilité d’examiner l’affaire, mais qu’ils avaient également reçu l’ordre du gouvernement de la ville de n’accepter de défendre aucune plainte liée au Falun Gong.

Le lendemain, l’avocat et la famille de Mme Zhang se sont rendus à la cour intermédiaire de la ville de Changchun pour se plaindre du fait que le juge Qu avait privé Mme Zhang de son droit à une représentation légale.

Le 14 juin, en vérifiant le compte bancaire de Mme Zhang, sa famille a découvert que le bureau local de la sécurité sociale avait suspendu sa pension depuis le mois d’avril. Lorsqu’ils ont appelé le bureau pour en savoir plus, la personne qui a répondu a refusé de donner la moindre explication, en disant : « Nous en parlerons quand Mme Zhang sera libérée. »

Le parquet de la province du Jilin a répondu à la plainte de la famille le 21 juin et a suggéré que la famille communique elle-même avec le tribunal.

La famille de Mme Zhang s’est rendue à plusieurs reprises au palais de justice et a appelé le juge Qu à plusieurs reprises pour demander justice pour elle. Le juge a répondu : « Si vous pensez que la police a fait du tort à Mme Zhang, vous devriez porter plainte contre elle. Vous n’avez pas besoin de me le dire. Si la police ou le procureur pensent que quelque chose ne va pas dans l’affaire et qu’ils veulent la retirer, je n’ai aucune objection à cela non plus. »

Les responsables de la cour intermédiaire de la ville de Changchun ont appelé la famille le 24 juin, et lui ont demandé si elle était satisfaite de leur réponse à la plainte. Lorsque la famille a répondu que le problème n’avait pas encore été résolu, les fonctionnaires de la cour ont dit qu’ils allaient les contacter. Une heure plus tard, Zhang Dan, la présidente du tribunal du district de Chaoyang, a appelé la famille de Mme Zhang et lui a demandé de se rendre au tribunal. Elle a dit qu’elle les aiderait à résoudre le problème.

Quand la famille est arrivée, la juge Zhang a dit qu’elle était en réunion et qu’elle ne pouvait pas les recevoir. Elle est revenue vers la famille quelques jours plus tard pour leur dire qu’elle ne pouvait finalement pas résoudre le problème et qu’ils devraient s’en occuper eux-mêmes.

Quand la famille a consulté des personnes travaillant à la cour intermédiaire pour savoir ce qu’elle pouvait faire d’autre, on leur a répondu : « Vous pouvez continuer à déposer des plaintes. »

Audience secrète

Le 20 juillet au matin, les gardiens du centre de détention ont ordonné à Mme Zhang de porter une tenue de protection pour se présenter à l’audience. Mme Zhang pensait que l’audience aurait lieu dans une salle du palais de justice, mais elle a été emmenée dans une pièce séparée du centre de détention pour une conférence vidéo.

Mme Zhang a demandé au juge où se trouvait son avocat. Le juge a répondu que si elle plaidait coupable, il lui affecterait un avocat ; dans le cas contraire, elle serait privée de représentation légale. Mme Zhang a insisté sur le fait qu’elle n’avait violé aucune loi en pratiquant le Falun Gong. Le juge a expédié l’audience en dix minutes.

La famille de Mme Zhang a déclaré s’être rendue au palais de justice pour rencontrer le juge Qu la veille de l’audience. Ce dernier n’a pas dit un mot sur l’audience prévue pour le lendemain et a maintenu qu’il traitait son affaire conformément à la loi.

Lors d’une autre réunion entre la famille de Mme Zhang, la juge Zhang et l’assistant du juge Qu, Li Zhuo, le 5 août, la juge Zhang a pris plusieurs photos des membres de la famille de Mme Zhang et de leurs pièces d’identité. Elle leur a aussi demandé des informations personnelles. Un huissier a filmé l’ensemble de la réunion.

La famille de Mme Zhang a déclaré que les autorités avaient violé les procédures légales à chaque étape du processus de la poursuite en justice. Lorsqu’on leur a dit que toutes les personnes ayant participé à la persécution seraient traduites en justice à l’avenir, Li s’est moqué de la famille.

La famille a demandé à Li de les informer si le tribunal fixait une audience. Li n’a pas mentionné qu’une audience avait déjà eu lieu deux semaines auparavant.

L’avocat de Mme Zhang a découvert que l’audience avait eu lieu en secret le 26 août, quand il a finalement été autorisé à lui rendre visite. Avant cela, sa famille avait appelé les juges Zhang et Qu, ainsi que Li, à plusieurs reprises pour connaître l’état d’avancement du dossier de Mme Zhang. Ceux-ci ont soit refusé de répondre à l’appel, soit tourné autour du pot lorsqu’ils ont parlé.

La famille de Mme Zhang a appris le 29 septembre qu’elle avait été secrètement condamnée à trois ans de prison. Ils ont demandé si des témoins avaient comparu devant le tribunal pour être contre-interrogés. Le juge Qu a répondu qu’il avait les comptes rendus des témoins par écrit et qu’il n’avait pas été nécessaire qu’ils comparaissent devant le tribunal. Il a également refusé de fournir la base juridique sur laquelle il a condamné Mme Zhang, déclarant : « Je n’ai aucune obligation de vous l’expliquer. »

Le juge a aussi refusé de fournir une copie du verdict de Mme Zhang à sa famille, affirmant qu’il n’existait aucune obligation légale en la matière. Il a affirmé que même les propres enfants de Mme Zhang n’avaient pas le droit de faire appel du verdict en son nom.

Informations sur les responsables de la persécution :

Liu Yang (刘扬), procureur du parquet du district de Chaoyang : +86-431-85887057

Qu Dong (曲栋), juge du tribunal du district de Chaoyang : +86-431-88559231, +86-13596166414, +86-17643109105 ;

Jiang Hui (姜辉), juge du tribunal du district de Chaoyang : +86-431-88559354, +86-431-88559352 ;

(Plus d’informations sur les responsables de la persécution sont disponibles dans l’article original en chinois.)

Voir aussi :

Un juge du Jilin interdit à un avocat de lextérieur de la ville de représenter une pratiquante de Falun Gong locale

Après deux peines de camp de travail et un harcèlement constant, une femme du Jilin est à nouveau arrêtée pour sa croyance

(Un autre article connexe est disponible dans la version chinoise.)

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Traduit de l’anglais